Un mobile politique derrière le meurtre d’un élu allemand pro-migrants?

AFP / M/ Kappeler

Le parquet fédéral allemand, compétent en matière terroriste, s’est saisi lundi de l’enquête sur le meurtre d’un élu pro-migrants, dans laquelle un homme avec un passé de militant d’extrême droite a été interpellé.

«Nous avons pris l’enquête en charge», a indiqué sans plus de précision un porte-parole du parquet fédéral de Karlsruhe (sud-ouest de l’Allemagne), spécialisé dans les affaires terroristes ou de crime organisé. Au cours du week-end, un homme de 45 ans a été arrêté dans l’enquête sur le meurtre par balle, début juin, d’un élu local de la région de Hesse (centre-ouest), Walter Lübcke, membre du parti de centre-droit de la chancelière Angela Merkel. L’arrestation a été menée sur la base d’analyses ADN.

Selon plusieurs médias allemands, le suspect «vient de l’extrême droite». Certains parlent même de milieux néo-nazis. Walter Lübcke, 65 ans, a été retrouvé mort le 2 juin sur la terrasse de sa maison, à Wolfhagen, dans la banlieue de Kassel. Il avait reçu une balle tirée à bout portant et baignait dans une mare de sang, selon la police.

En octobre 2015, après la décision d’Angela Merkel d’ouvrir les frontières à plusieurs centaines de milliers d’Irakiens et Syriens, il avait défendu les droits des réfugiés, s’attirant les foudres de l’extrême droite.

M. Lübcke avait depuis reçu de nombreuses menaces de mort.

Les hommages et articles consacrés à son décès ont suscité sur les réseaux sociaux une avalanche de commentaires, dont ceux de nombreux membres d’extrême droite saluant ce meurtre.