Des progrès en vue du rapatriement des enfants de jihadistes des camps syriens

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Des progrès ont été enregistrés sur l’épineuse question du rapatriement des enfants belges nés de jihadistes partis combattre dans les rangs de l’État islamique (EI) et retenus en Syrie. Un memorandum d’entente a été signé avec les autorités du Kurdistan irakien, indique le ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders.

«Ce memorandum d’entente a été signé sur place» à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak, à la suite de négociations menées par les Affaires étrangères et l’ambassade de Belgique en Jordanie, également compétente pour l’Irak. Didier Reynders a émis l’espoir que cette opération de rapatriement limitée puisse se concrétiser «dans les prochains jours ou semaines».

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Le chef de la diplomatie belge doit encore avoir des contacts avec son homologue irakien, Mohammed Ali al-Hakim, le Kurdistan faisant partie stricto sensu de l’Irak et les relations entre Bagdad et Erbil étant souvent tumultueuses. Ce memorendum porte sur la réception des enfants -en principe âgés de 12 ans au maximum et en donnant la priorité aux orphelins- et leur transfert des camps du nord-est de la Syrie vers Erbil à travers l’Irak.

Des conditions de vie déplorables

Des centaines d’épouses de jiadistes partis rejoindre l’État islamique et survivent «dans des conditions sanitaires déplorables» dans les camps syriens où sont détenues des centaines de familles étrangères qui avaient suivi l’EI. Le groupe terroriste est privé depuis mars de son dernier bastion territorial, Baghouz. A Al-Hol, le plus grand camp, la situation sanitaire est considérée comme «critique» par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

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Selon le délégué général aux droits de l’enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bernard De Vos, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) «parle de 150-160 enfants belges qui ont été à un moment dans les territoires en guerre». «Aujourd’hui, il y a une trentaine d’enfants qui sont localisés dans des camps, les camps de Al-Hol ou de Al-Roj, qui sont des camps dans lesquels les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Dans le camp de Al-Hol, qui est un camp qui a été construit pour accueillir entre 7.000 et 10.000 personnes, il y a actuellement 78.000 personnes», avait-t-il expliqué la semaine dernière à la RTBF.