Réduction des horaires de guichets en gare : les syndicats dénoncent la « déstructuration du service public »

Belga / P-H. Verlooy

La SNCB a annoncé mardi l’adaptation des horaires des guichets de plusieurs gares. Pour la CGSP Cheminots et la CSC-Transcom, c’en est trop.

Le syndicat socialiste estime qu’il s’agit «d’une nouvelle offensive de déstructuration du service public» et d’un nouveau pas «vers la déshumanisation et la désertification des gares». «Le tout à la digitalisation a ses limites, pour le personnel et pour les voyageurs», estime le syndicat chrétien. De son côté, la SNCB affirme répondre à l’évolution du comportement des clients.

A partir du 5 août, les gares de Bertrix, Marbehan, Virton, Binche, Luttre, Marchienne-au-Pont, Waterloo, Gouvy, Spa, Jurbise et Leuze seront fermées le week-end. Celles de Bertrix, Waterloo et Jurbise le seront en outre tous les après-midis, de même que celles de Libramont, Mariembourg, Saint-Ghislain, Ciney et Dinant. Enfin, les gares de Marloie, la Louvière-Centre, Tamines, Waremme, Welkenraedt, Tubize et Andenne ne proposeront plus de service aux guichets les dimanches.

D’autres gares verront leurs horaires de guichet également réduits mais dans une moindre mesure.

Pour le syndicat, la SNCB manque d’une « réflexion globale » 

Outre l’aspect économique de ces décisions, la CGSP Cheminot dénonce un «nouveau pas vers la déshumanisation et la désertification des gares». La SNCB a déjà fortement réduit le nombre de guichets à disposition, passés de 208 en 2007 à 135 l’an dernier, selon le syndicat.

S’il reconnait aisément que l’évolution technique amène plus d’usagers à se tourner vers les automates et le digital, il regrette que la SNCB n’en profite pas pour réaliser une «réflexion globale» dans le but d’élargir les tâches des agents, leur permettant de devenir de véritables «conseillers en mobilité». La CGSP Cheminots déplore en outre qu’une fois de plus, l’initiative frappe particulièrement les régions rurales déjà «davantage fragilisées et isolées dans l’accès aux services publics».

«A la veille des élections, les acteurs politiques se prononçaient, quasi unanimement, en faveur du développement des transports en commun, et plus particulièrement des chemins de fer. La décision que vient de prendre la SNCB contredit fondamentalement cette logique…», estime enfin le syndicat socialiste.

Son homologue chrétien n’a d’ailleurs pas hésité à le rappeler aux élus locaux. La CSC-Transcom a envoyé mercredi un courrier aux 37 bourgmestres wallons concernés les invitant à «raisonner» la SNCB et leur rappelant par la même occasion «que cette diminution de l’offre aura un impact considérable sur l’attractivité de la gare située dans leur commune».