Séquestrée et battue car elle n’atteint pas le « poids idéal »… de 47,5 kg

BELGA / J. Roosens

Un couple français, dont le mari est médecin, a fait vivre un enfer à leur fille : parce qu’elle ne pesait pas le « poids idéal » de 47,5 kg à 19 ans, elle a été maltraitée durant plus d’un an.

Pendant plus d’une année, cette jeune fille de 22 ans aujourd’hui a été séquestrée et battue par ses parents à Péronne (Somme), rapporte France Bleu.

Les parents, dont le père, médecin et chef de service, ont déterminé que le « poids idéal » que devait conserver la jeune femme était de 47,5 kg (pour environ 1,55 mètre).

Enfermée et battue

La mère, obsédée par le poids de sa fille, lui imposait des pesées, des séances de joggings et parfois des privations de nourriture. Si la jeune femme, de 19 ans au moment des faits, dépassait le seuil critique de 47,5 kg, elle était aussi battue à coups de ceinture par son père, décrit comme « le bras armé de sa femme ».

La jeune fille était également enfermée régulièrement dans un cagibi de 3m2 (dont une fois durant un mois et demi d’affilée). D’après le média français, les parents ont nié toute intention de séquestration : « Elle y avait ses livres pour étudier. Elle pouvait demander à sortir pour aller aux toilettes ou pour prendre l’air et la porte n’était pas fermée à clé ».

La mère se dit elle-même « seule responsable » de ce « drame familial ». Devant le tribunal, elle a invoqué son enfance, passée au Cambodge, l’abandon de sa mère lorsqu’elle avait quatre ans, qui l’a laissée seule, livrée à elle-même et obligée de se nourrir de déchets et de restes. Cela aurait engendré chez elle un « rapport pathologique à la nourriture ».

« Un lâche sous l’emprise de sa femme »

Le père a quant à lui reconnu qu’il était « un lâche ». « J’étais sous emprise, comme dans la secte de ma femme », a-t-il expliqué devant les juges. « J’aurais dû réagir, en tant que père et en tant que médecin », a-t-il admis.

Toutefois, le père affirme que « la plupart des coups qu’il infligeait à sa fille était simulés, qu’il s’exécutait juste pour calmer la colère de sa femme ». Ce que la jeune fille a visiblement confirmé lors de l’audience.

Le procès pour violence et séquestration a eu lieu jeudi dernier devant le tribunal correctionnel d’Amiens. Le procureur a requis dix mois de prison ferme et cinq mois avec sursis. La décision devrait être rendue le 4 juillet prochain.

La jeune femme est l’ainée d’une famille de trois enfants. Ses deux petits frères, qui ont aujourd’hui 18 et 10 ans, avaient été placés à l’époque.