Les mouches capables d’identifier les meilleurs partenaires sexuels

AFP / J. Guez

Une étude publiée dans la revue Neuron dévoile que les mouches femelles, grâce à deux neurones spécifiques, seraient capables de détecter les partenaires avec lesquels il vaut la peine de poursuivre une activité sexuelle.

Les mouches femelles se laisseraient guider par leurs sensations sexuelles lors de l’accouplement. Grâce à deux neurones transmettant une sensation de satisfaction, elles choisissent ainsi de poursuivre leur accouplement avec un partenaire, ou d’aller voir ailleurs. Les mâles seraient en revanche dépourvus de ces neurones.

Ces deux petits neurones sensoriels, situés dans l’abdomen des mouches femelles, ont été découverts par l’équipe d’Ulrike Heberlein, attachée à l’Howard Hughes Medical Institute, en Virginie. Ils seraient « ceux qui transmettent des signaux d’excitation depuis l’abdomen jusqu’au cerveau ».

Cette étude a donc démontré que ce sont en réalité les sensations perçues lors de l’accouplement, et non uniquement l’insémination, qui détermine l’intérêt sexuel que porte les mouches femelles à leurs partenaires.

Ces résultats éclairent les scientifiques quant à la question du rôle du plaisir féminin dans le processus de reproduction.

Finalement, le sperme ne serait pas si important

Les scientifiques savent depuis longtemps que le sperme du mâle fait perdre l’envie à sa partenaire d’aller voir ailleurs pour une semaine – une astuce des mâles de l’espèce afin de s’assurer que leur propre sperme soit fertilisé.

Or, l’étude fait apparaître que le sperme n’est pas le seul facteur qui encourage les mouches à poursuivre, ou non, la relation sexuelle avec leur partenaire. Les deux neurones identifiés semblent contrôler le mécanisme par lequel les femelles choisissent de s’accoupler, indépendamment du soi-disant « effet sperme ».

Des recherches antérieures ont déjà prouvé que les mâles prenaient du plaisir lors de l’éjaculation. En revanche, d’après Ulrike Heberlein, des recherches supplémentaires sont encore nécessaires avant de confirmer définitivement que les femelles, elles, prennent aussi leur pied lors des rapports sexuels.