Combien de « Mercis » pour tondre ta pelouse ?

Ph. D.R.

Une start-up belge vous permet d’échanger des services contre des ‘Mercis’. La spécificité principale de Merciki est de constituer un réseau d’entraide sans transfert d’argent mais avec beaucoup d’échanges humains.

Le principe: rendez service autour de vous en faisant des choses que vous aimez, collectez des Mercis en retour et échangez-les ensuite pour obtenir un service en votre faveur. Le concept est à la mode, il entre dans le fameux concept d’économie circulaire. Mais il permet en plus de créer du lien social car l’idée c’est que les gens se rencontrent et partagent, comme l’explique Chloé Prieur, une des cofondatrices de Merciki : « l’idée est de découvrir autour de nous des personnes qui peuvent nous aider avec un service qu’il maîtrise, comme tondre la pelouse ou donner un cours de mathématiques, par exemple. Le critère local permet de créer du lien social. Nous envisageons à court terme d’organiser également des ateliers. Vous pourriez par exemple apprendre à faire des légumes lacto-fermentés en échange d’un atelier que vous donneriez pour apprendre à d’autres comment faire des savons. »

« Nous étions débordés »

Comme souvent, l’idée de ce concept est née d’une expérience personnelle : « lorsque nous avons déménagé à Crainhem, nous étions débordés avec le travail et les enfants et on aurait adoré avoir un peu d’aide, par exemple pour tailler notre immense haie », explique Chloé, qui a eu alors l’idée avec son mari Johan Corsini, de créer Merciki. Ce dernier effectuait alors une formation à Solvay en management où il proposa le concept et son business plan, qui seront retenus. Un troisième associé, Alexandre Warnier, se joindra à l’équipe.

Troc d’objets également

Sur le site, vous pouvez également poster des objets à donner. Ou plutôt, à échanger contre des Mercis. Imaginons que vous encodez une veste qui vaut selon vous 20 Mercis. Une fois trouvé acquéreur, vous aurez récolté ces 20 Mercis que vous pourrez échanger contre un vêtement ou un accessoire dont vous avez besoin.

Fédérer d’autres services

À terme, Merciki envisage d’inviter d’autres concepts de donneries à être répertoriés sur leur site : « nous pourrions créer des sous-groupes de donneries physiques déjà existantes ou de ‘SEL’, les systèmes d’échanges locaux, qui échangent des services gratuitement. Ces deux concepts sont géniaux mais souvent mal organisés au niveau du web. Nous pourrions les reprendre sur notre plateforme et nous fédérer pour le bien de tous », explique l’entrepreneure qui précise que Merciki reprend déjà presque 600 inscrits. L’objectif est d’atteindre 2.000 membres pour lancer l’activité à plein régime. « C’est maintenant qu’il faut s’inscrire pour pouvoir proposer un maximum d’activités et de services ! », insiste Chloé Prieur qui précise par ailleurs que Merciki a levé plus de 9.000 euros lors d’un crowdfunding en février, une belle somme qui pourrait bien prouver que ce concept répond à une véritable attente du citoyen.

Lucie Hage