Le CO2 dans les espaces de travail vous donne un coup de mou

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Les employés chargés de ce que l’on appelle le backoffice dans une entreprise n’ont pas de contacts avec les clients, mais assurent le support administratif. Ils restent donc principalement au bureau. Il est néanmoins important de prendre régulièrement une bouffée d’air frais, car rester enfermé toute la journée est nocif pour la santé.

Vous êtes une dizaine à bosser dans un petit espace confiné. Les minutes deviennent des heures et le stress augmente. Vos collègues s’énervent, ce qui s’accompagne de sueurs et de soupirs. Ce n’est que quand vous quittez le bureau que vous vous rendez compte de l’ambiance étouffante qui y régnait et du bien fou que cela fait d’être à l’extérieur !

Des bureaux fermés

Chaque fois que vous expirez, vous rejetez du CO2. Le niveau de CO2 monte rapidement, surtout dans les petits espaces dans lesquels beaucoup de collaborateurs sont réunis. Les conséquences nocives de la pollution de l’air dans les villes sont connues depuis longtemps, mais l’air que l’on respire dans les espaces de bureau n’est pas non plus pur ! Les bâtiments sont actuellement bien isolés et même si il y a ainsi moins de déperditions de chaleur, cela signifie aussi que les substances nocives s’échappent moins facilement vers le monde extérieur, comme le CO2 et les substances chimiques provenant du nouveau mobilier et des tapis. Si le CO2 n’est toutefois pas la substance la plus dangereuse pour notre organisme, il n’épargne pas nos capacités intellectuelles !

Expérience

Comme le taux de CO2 est fort élevé dans les petits espaces fermés, il a pas mal de conséquences sur l’activité de notre cerveau. Les vaisseaux sanguins situés dans notre cerveau se dilatent, l’activité neuronale chute et les différentes parties de notre cerveau communiquent moins entre elles. Ces dernières années, de nombreuses études ont été menées sur la qualité de l’air dans les espaces de travail. Il y a dix ans, William Fisk, ingénieur mécanicien, et ses collègues du Lawrence Berkeley National Laboratory avaient déjà mené une expérience intéressante à ce propos. Ils avaient placé les participants dans différents espaces, où le taux de CO2 variait de 600 à 2.500 particules par million. Ils leur avaient ensuite demandé d’effectuer des tests de réflexion. Résultat ? La concentration en CO2 a eu une énorme influence sur leurs prestations. Les tâches faciles ont moins souffert de la concentration en CO2, mais plus le test était difficile, plus l’impact était grand. En 2016, une équipe de chercheurs de Harvard a mené une étude similaire. Leurs résultats ont confirmé ceux de Fisk.

Ce n’est donc pas un luxe superflu la prochaine fois que vous êtes en train de brainstormer à fond d’ouvrir une ou plusieurs fenêtres. Qui sait, peut-être que l’inspiration vous sera apportée par l’air frais !