Des alpinistes enjambent un cadavre pour arriver en haut de l’Everest

Ph. Elia Saikaly / Instagram

La fin de saison est embouteillée et meurtrière sur l’Everest. Les autorités ont annoncé ce mardi le décès d’une onzième personne. Un alpiniste a dévoilé une photo effroyable de cette ascension.

La saison de l’Everest touche actuellement à sa fin, marquée par d’impressionnants embouteillages en « zone de la mort ». Cette saison qui se termine dans quelques jours est d’ores et déjà la plus meurtrière sur la montagne depuis 2015. Onze personnes sont mortes sur le toit du monde depuis la fin du mois d’avril. Le dernier décès en date a été annoncé ce mardi 28 mai par les autorités népalaises. L’alpiniste américain Christopher John Kulish, 61 ans, est décédé lundi lors de la descente après avoir gravi le sommet de 8.848 m.

Ph. Sarah LAI / AFP

Embouteillages d’alpinistes sur le toit du monde

Ce nombre important de décès est notamment dû aux embouteillages d’alpinistes, provoqués par l’affluence et le nombre réduit de fenêtres météo favorables. Les encombrements sur l’arête entre le dernier campement népalais et le sommet ont fait parfois perdre des heures précieuses aux grimpeurs et sont mis en cause dans quatre des décès. S’attarder en « zone de la mort », où l’oxygène est rare, augmente les risques de gelures, d’épuisement et de mal des montagnes.

« Mort. Carnage. Chaos. Queues. »

La semaine dernière, une photo de l’alpiniste Nirmal Puja avait fait le tour du monde. On y voyait des dizaines de grimpeurs faire la file pour atteindre le toit du monde. Cette semaine, l’alpiniste Elia Saikaly a partagé une photo bien plus tragique et choquante. On y voit des grimpeurs passer juste à côté d’un corps pour poursuivre leur ascension. « Je n’arrive pas à croire ce que j’ai vu là-haut. Mort. Carnage. Chaos. Queues. Cadavres sur la route et dans les tentes au camp 4. Des gens à qui j’ai essayé de faire rebrousser chemin qui ont fini par mourir. Des gens être traînés en descente. Enjamber des corps », a témoigné le canadien sur Instagram.

« La lumière du matin avait révélé à la fois une fenêtre vers le sommet de l’Everest et en parallèle un être humain qui avait perdu la vie. Nous étions tous là, en train de poursuivre notre rêve et, sous nos pieds, il y avait une âme sans vie. C’est ça qu’est devenu l’Everest ? », a conclu l’alpiniste à l’origine de cette photo.