Voici des conseils pour rendre votre jardin accueillant pour les papillons

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@Rudi Dujardin

Les papillons, comme beaucoup d’autres insectes, disparaissent en raison de la raréfaction des milieux et de l’utilisation massive de pesticides. Voici quelques conseils pour rendre votre jardin accueillant pour ces fabuleux lépidoptères.

Les papillons sont des insectes à métamorphose complète. Ils passent par quatre stades : œuf, larve (chenille), nymphe (chrysalide) et papillon adulte (imago). Pour favoriser ces magnifiques insectes, il faut donc que votre jardin soit accueillant pour chacun des stades de sa métamorphose.

@Damien-Sevrin

Diversifiez autant que possible les milieux

En fonction des caractéristiques du jardin, diversifiez autant que possible les milieux. Pensez à laisser une place pour la haie d’espèces indigènes, le pré fleuri et les herbes folles, le potager, les orties, le coin des plantes aromatiques, le verger dans lequel sont laissés de vieux arbres à cavités, le mur de pierres sèches, les plantes grimpantes, le coin compost, le tas de bois et de feuilles, une mare avec une plage de sable ou de graviers pour permettre aux papillons de se désaltérer.

De manière générale, privilégiez les plantes indigènes, plus intéressantes pour les papillons que la plupart des horticoles ou des exotiques. Au niveau du choix des plantes, il faut à la fois penser aux chenilles, qui se nourrissent des feuilles et aux adultes qui prélèvent le nectar. L’ortie nourrira ainsi les chenilles du paon du jour, de la petite tortue ou du vulcain, tandis que les cardamines feront le bonheur des aurores ou des piérides. Les adultes se délecteront du nectar des saules et des pissenlits dès mars et profiteront des ronces, lierre ou de la menthe aquatique jusqu’en octobre.

Papillon Belle-Dame (Cynthia cardui) en train d’extraire du nectar d’une fleur au mois de juillet @Frederic Demeuse

Le Buddleia, quant à lui, a été introduit de chine comme arbuste ornemental. Sa richesse en nectar lui a valu le nom commun d’«arbre à papillons ». S’il est vrai qu’il attire nombre d’adultes, il n’est utile à aucune chenille. Par ailleurs, le buddleia peut parfois devenir envahissant et mettre en péril la végétation indigène.

Pour l’hiver

Et pour l’hiver ? Beaucoup d’espèces passent la mauvaise saison à l’état d’œufs. Certaines sous forme de chrysalides ou de chenilles. D’autres à l’état adulte. Il est donc utile de leur réserver des espaces tels qu’un massif de lierre, un arbre creux, un vieux mur ou un tas de bois et de feuilles mortes, de laisser accessibles l’une ou l’autre remise, cave ou grenier. Laissez-leur la possibilité de sortir à tout moment du bâtiment pour éviter de mourir enfermé au printemps.

@Damien-Sevrin

Bannissez les pesticides

Et puis bien entendu, bannissez désormais l’usage des produits chimiques au jardin (insecticides, herbicides, fongicides). De nombreuses méthodes alternatives existent. Lors de l’entretien du jardin, évitez le plus souvent possible les outils trop brutaux (tondeuses qui hachent l’herbe, broyeurs, etc.). Pensez aux œufs, aux chrysalides ou aux insectes adultes qui réagissent au danger en se laissant tomber au sol. Eviter de nettoyer systématiquement le jardin. Les herbes coupées, les branches taillées ne doivent pas être brûlées mais compostées pour permettre aux chenilles et chrysalides qui s’y trouvent peut-être de se mettre à l’abri ou de finir leur développement. Cette matière organique qui se décompose est favorable à la survie de nombreuses espèces d’insectes qui s’en nourrissent ou s’y abritent l’hiver.

Les tiges sèches et creuses de certaines plantes peuvent être laissées en place l’hiver pour favoriser l’hibernation de beaucoup d’espèces qui s’y réfugient, et n’être coupées qu’au printemps. Un vieux pommier ou un vieux chêne sont intéressants par leur feuillage mais aussi et surtout par les cavités qu’ils peuvent comporter et qui servent d’abri à de nombreuses espèces animales.

@Antoine-Derouaux

On dénombre quelques 150 000 espèces de papillons dans le monde. Parmi eux, les papillons de nuit (antennes filiformes, ailes repliées les unes sur les autres en toit ou à plat sur le corps) et les papillons de jour (antennes se terminent par une massue, ailes refermées en s’accolant les unes aux autres en position relevée). Il y a en Belgique environ 2 000 papillons de nuit et une centaine de papillons de jour.

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