Les priorités des partis pour les élections fédérales

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Belga / B. Doppagne

La campagne électorale touche à son terme. D’ici quelques jours, les états-majors des différents partis se réuniront pour former une majorité autour de leurs projets. Tour d’horizon des priorités affichées par les uns et les autres pour le pays.

PTB

Le parti de Raoul Hedebouw aime à se présenter comme la seule «gauche authentique» en Belgique. S’il parvient au pouvoir, le parti souhaite mettre fin aux «privilèges» des élus, s’attaquer à la pauvreté, construire des logements sociaux, offrir la gratuité des transports publics, améliorer l’enseignement, assurer des soins de santé et des médicaments abordables pour tous,etc.

Pour financer tout cela, le parti met en avant sa «taxe sur les millionnaires». Celle-ci pourrait rapporter entre 8 et 11 milliards € chaque année, estime le parti (l’hypothèse n’a pas été évaluée par le Bureau du Plan, faute d’outils statistiques et de cadastre des fortunes).

 

Ecolo

Un thème de campagne domine chez les Verts, celui de la transition écologique, articulée autour de quatre axes: protéger le climat et la qualité de vie, étendre les solidarités, changer de modèle économique et faire vivre la démocratie. La réalisation des objectifs ne sera pas une chose aisée, et des défis de taille attendent d’ores et déjà les écologistes s’ils montent dans les exécutifs fédéral et régional, à commencer par la sortie du nucléaire en 2025.

Le parti souhaite faire adopter une loi climat visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030, et de 95% d’ici 2050. Cela passera par l’adoption d’objectif contraignant sur l’efficacité énergétique des bâtiments, avec des soutiens financiers pour les particuliers. Au niveau des transports, Ecolo tentera d’obtenir la fin du régime des voitures de société, et de rendre les transports en commun plus accessibles. Et pour les transports au long cours, une taxe sur le kérosène est envisagée, afin de rendre le train moins cher que l’avion.

 

PS

Tout au long de la campagne, le PS a tiré à boulets rouges sur la «politique de destruction sociale» menée par le gouvernement Michel. Il promet la «reconstruction» et l’amplification de la protection sociale. Le PS s’engage à revenir sur le report de 65 à 67 ans de l’âge légal de la pension. Le programme socialiste prévoit également la gratuité des soins chez le médecin généraliste et le dentiste, les repas chauds gratuits à l’école, les transports en commun régionaux gratuits (en commençant par les jeunes jusqu’à 25 ans et les plus de 65 ans).

Comme le demandent certains syndicats, le salaire horaire minimum serait fixé à 14 €, la pension minimum à 1.500 € nets par mois après une carrière complète. La TVA sur l’électricité repasserait de 21 à 6%. La politique climatique est déclinée de façon transversale dans l’«écosocialisme» qui doit permettre une baisse de la consommation grâce à l’isolation, la promotion de la mobilité propre et de l’économie circulaire. Les socialistes annoncent également des moyens pour la Justice et la police.

 

CDH

Sous le slogan «Autrement. Maintenant», le cdH privilégie plusieurs axes d’actions pour parvenir à «un monde plus humain, plus juste, plus durable.» Au niveau de la famille, il veut «un quotidien plus simple». Concrètement, cela passera par un congé paternité obligatoire de dix jours, rémunérer les cinq premiers jours de congé pour raisons impérieuses dès lors qu’ils sont pris pour s’occuper d’un enfant malade, ou encore financer des séances de médiation familiales afin de résoudre les difficultés.

Le parti centriste plaide également pour une économie «durable, solidaire et humaine». Il souhaite déployer l’économie circulaire via une fiscalité incitative. Enfin, du côté de la protection du citoyen, il souhaite étendre la couverture de l’assurance maladie obligatoire afin d’éviter le développement d’une médecine à deux vitesses, notamment pour les soins dentaires, et diminuer le coût des lunettes et lentilles de contact. Toujours dans le domaine de la protection sociale, il recommande d’améliorer la protection sociale des travailleurs indépendants.

 

Defi

Autrefois cantonné aux dossiers institutionnels et communautaires, DéFI a donné de la voix au cours des dernières années dans les domaines de la gestion publique, mais aussi du socio-économique. En lançant ses troupes dans la campagne, le 30 mars dernier, le président de la formation amarante a répété que celle-ci constituait une alternative à la fois au libéralisme du MR et au collectivisme du PS, en proposant un projet résolument fédéraliste et libéral social.

DéFI dit vouloir parvenir à la «stricte égalité des salaires entre femmes et hommes». Il souhaite également la mise en place d’un temps de parentalité identique pour les deux parents, de 15 semaines chacun. Ainsi, la mère ne sera plus discriminée à l’embauche au prétexte que sa maternité serait une charge pour l’employeur. Au niveau fiscal, il plaide pour imposer une taxe équivalente à 3% du chiffre d’affaires des sociétés de type Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, Uber…) lorsqu’elles réalisent des chiffres d’affaires d’au moins 50 millions € dans l’Union européenne. Enfin, du côté des retraites, DéFI préconise que le montant de la retraite pour une carrière complète, sous quelque régime que ce soit, soit porté progressivement à 1.400 € par mois.

 

MR

Le MR a appuyé sa campagne sur son bilan au sein de la Suédoise depuis 2014. Pour la suite, il réclame de nouvelles baisses de cotisations patronales sur les bas salaires. Il réclame également une réforme de la dégressivité des allocations de chômage (moyennant un revenu de remplacement plus important dans la première période).

En matière d’emploi, le parti libéral veut améliorer le bien-être au travail en développant le télétravail structurel, en incitant aux horaires flottants ou en permettant de moduler les semaines de travail. Le MR prône aussi un «pacte fiscal» qui doit simplifier et alléger l’impôt sur les personnes physiques (IPP), la revalorisation du travail par rapport au chômage ou encore la prise en compte du critère environnemental dans l’avantage toute nature, sans politique «punitive» pour les voitures de société. Enfin, concernant la migration, il défend l’augmentation du nombre de places en centres fermés, pour faciliter les retours forcés de personnes dont le séjour sur le territoire n’est pas régulier.