Le japonais Panasonic suspend ses transactions avec Huawei

Le géant japonais de l’électronique Panasonic a annoncé jeudi la suspension de ses transactions avec le groupe chinois Huawei, placé sur une liste noire par Washington qui l’accuse de contribuer aux activités d’espionnage de Pékin. La décision de Washington de placer Huawei sur liste noire provoque un effet domino: plusieurs géants japonais et britanniques des télécoms ont annoncé qu’ils allaient couper pour l’heure leur lien avec le fabricant chinois de smartphones. « Nous avons arrêté nos transactions avec Huawei et ses 68 sociétés affiliées qui sont soumises à l’interdiction du gouvernement américain », a déclaré à l’AFP Joe Flynn, un porte-parole du groupe nippon, qui fournit des « composants électroniques » à Huawei.
Quelques heures plus tôt, les opérateurs nippons KDDI et SoftBank Corp avaient dit reporter le lancement de nouveaux modèles pour évaluer l’impact des sanctions américaines.
Le pionnier NTT Docomo a également indiqué « stopper les commandes » d’un téléphone Huawei qu’il prévoyait de lancer cet été, sans pour autant préciser s’il différait ou non sa commercialisation.
Le président Donald Trump a décidé la semaine dernière de bannir les exportations de produits technologiques américains vers certaines entreprises jugées « à risque », franchissant une nouvelle étape dans l’offensive tous azimuts engagée contre la Chine, dans un contexte de guerre commerciale et de rivalité technologique.
Dans son viseur, Huawei: Washington estime que le géant des télécoms menace sa sécurité nationale en raison de ses liens étroits avec le gouvernement chinois, des accusations que le groupe rejette.
Ces annonces représentent de nouveaux coups durs pour Huawei après l’annonce dimanche de Google: le mastodonte américain a fait savoir que son système Android, qui équipe l’immense majorité des téléphones dans le monde, n’équiperait plus les futurs smartphones du chinois.
« Le pire serait à terme une coupure totale de l’accès à la technologie américaine », a prévenu le cabinet de consultants Eurasia. Huawei « n’y survivrait probablement pas dans sa forme actuelle ».

source: Belga