Le nombre de plaintes recevables auprès du CSA ont augmenté en 2018

Belga / N. Maeterlinck

Le nombre de plaintes recevables auprès du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a augmenté de 134% en un an, relève le régulateur de l’audiovisuel en Fédération Wallonie-Bruxelles dans son rapport annuel présenté mercredi. Auparavant, les plaintes adressées au CSA étaient majoritairement irrecevables.

La tendance s’est inversée en 2018 puisque le secrétariat d’instruction a constaté la compétence du CSA pour examiner 63% des 360 plaintes reçues, soit 227. Le nombre total de plaintes est par contre à la baisse, il s’élevait à 392 en 2017 (-9%).

«Deux hypothèses peuvent expliquer ce phénomène», a détaillé Manon Letouche, secrétaire d’instruction du CSA. «D’une part, le nombre de plaintes concernant les chaînes françaises a considérablement diminué. L’année précédente, un nombre important de plaintes concernait l’émission «Touche pas à mon poste» de Cyril Hanouna. D’autre part, la visibilité renforcée du CSA a permis au téléspectateur de mieux cerner les limites de ses compétences.» De plus, le CSA a, contrairement à l’année précédente, examiné toutes les plaintes qui concernaient les chaînes de télévision de RTL Belgium. Celles-ci étaient précédemment renvoyées vers le régulateur luxembourgeois.

L’année 2018 a été marquée par deux thématiques principales, relève le CSA. L’égalité entre les femmes et les hommes et le scrutin communal du 14 octobre 2018 ont ainsi donné lieu au dépôt du plus grand nombre de plaintes, représentant chacune 19% du total. La protection des mineurs constitue la troisième préoccupation (14%). La télévision est visée dans 57% des plaintes, devant la radio (27%) et les contenus en ligne (11%).

Deux programmes, 84 plaintes

Deux programmes ont provoqué des réactions fortes du public, à savoir «C’est vous qui le dites» (Vivacité, 45 plaintes) et «A votre avis» (La Une, 39 plaintes). Dans le premier cas, c’est une émission consacrée au viol qui a fait exploser le nombre de plaintes. Dans le second cas, le régulateur a par contre constaté l’existence d’une action coordonnée, avec des plaintes souvent identiques, transmises en période électorale. De manière plus générale, les élections communales engendrent davantage de plaintes que les élections législatives, le nombre de débats étant plus important, notamment sur les télévisions locales. Les 360 plaintes ont abouti à l’ouverture de 24 dossiers d’instruction. Douze rapports d’instruction ont été publiés et 7 griefs établis.

Outre le volet plaintes, le CSA a travaillé en 2018 sur l’accessibilité des programmes aux personnes en situation de déficience sensorielle. Les télévisions ont ainsi revu à la hausse leurs objectifs en matière de sous-titrage et d’audiodescription. Le règlement «élections» a par ailleurs été mis à jour par le collège d’avis, ce qui a permis l’organisation de débats davantage diversifiés avec une meilleure représentativité des partis ne disposant pas d’élus.

Trois nouvelles recherches en 2019

L’année 2019 sera marquée par le renouvellement des fréquences des radios privées, avec le développement du DAB+.

La transposition de la directive européenne sur les services de médias audiovisuels constitue également un enjeu majeur, avec l’intégration des réseaux sociaux et des plateformes de vidéo en ligne dans le processus de régulation. Dès le mois de juin, le collège d’avis se réunira en vue de remettre un avis sur la transposition de cette directive en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le président du CSA Karim Ibourki est à ce titre également revenu sur la situation de RTL. «Est-il normal, d’un point de vue démocratique, que le principal éditeur audiovisuel privé de la Fédération Wallonie-Bruxelles estime relever du contrôle d’un régulateur étranger?», s’est-il interrogé.

En 2019, le CSA va aussi mener trois nouvelles recherches: sur la diversité en radio, l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des entreprises de médias et sur les nouveaux modes de consommation. Fanny Linon (ULB) et Arnaud Claes (UCLouvain) ont reçu le prix du mémoire 2018 du CSA.