Après un arrêt de 200 ans, l’abbaye de Grimbergen va se remettre à brasser de la bière

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Après une pause de plus de deux siècles, les moines vont ressusciter les activités brassicoles à l’abbaye de Grimbergen, où une nouvelle brasserie verra bientôt le jour, là où se trouvait l’ancienne.  

La tradition brassicole de l’abbaye de Grimbergen remonte au 13ème siècle. Interrompue en 1795 lorsque les troupes françaises ont détruit la brasserie originale, la production de bières par les moines de l’abbaye devrait reprendre sous peu.

« Pour nous, il est important de conserver notre héritage, la tradition des pères de brasser de la bière, car elle a toujours été là », a déclaré le père Karel Stautemas à l’agence Reuters mardi, alors que le conseil communal venait d’approuver les plans de la construction de la nouvelle brasserie. « Le brassage et la vie religieuse ont toujours été de pair », certifie le père Karel.

Les travaux devraient commencer au mois d’août. Les premières bouteilles sont quant à elles attendues pour la fin de l’année 2020.

Éditions limitées

Marc-Antoine Sochon, expert chez Carlsberg et futur maître brasseur, a annoncé une production à petite échelle de 10.000 hectolitres par an. La microbrasserie produira, entre autres, des éditions limitées de Grimbergen.

Ces éditions spéciales pourraient ne représenter que 60 hectolitres, précise le brasseur.  « Nous conserverons la même levure, qui apportera tout le fruité et l’amertume, et nous chercherons de nouvelles innovations, telles que le vieillissement en fût et le dry-hopping (le houblonnage à froid)».

Le respect des traditions trappistes

Le projet sera financé par Carlsberg, et comptera un centre pour les visiteurs. Cinq à dix personnes travailleront dans la brasserie. Il est en outre prévu qu’elle se serve des cultures produites localement. En effet, l’abbaye a planté du houblon dans son jardin.

Les moines de Grimbergen suivront les règles des fabricants de bière trappistes belges. Celles-ci leur imposent de brasser au sein des murs de l’abbaye, de contrôler le brassage et de consacrer les profits au maintien de l’abbaye et au soutien de causes caritatives.