Depuis #Metoo, le monde du travail n’est plus le même

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C’est un effet pervers du #Metoo, les hommes ont désormais peur d’être accusés de harcèlement au boulot. Au moins 60% des managers masculins affirment être mal à l’aise à l’idée de diriger des femmes. Ils craignent aussi la socialisation et les rencontres individuelles avec le sexe opposé, d’après une étude de SurveyMonkey. 

Le sondage de Survey Monkey a été mené sur 5.182 employés de plus de 18 ans (2.421 hommes et 2761 femmes) en février 2019, partout aux États-Unis. Cela survient 1 an et demi après le début du mouvement #MeToo.

60% des supérieurs craignent les collaborations avec des femmes, ce qui comprend la socialisation, le leadership et les rencontres individuelles. Ce chiffre est en augmentation de 32% par rapport à l’année dernière. Les hommes interrogés ont peur que leur comportement ne semble pas convenable et puisse être mal interprété. Malheureusement, le harcèlement sexuel au boulot n’a pas changé, puisque 57% des femmes déclarent avoir été victimes de ce fléau depuis le début de leurs carrières.

En outre, 34% de ces dirigeants évitent désormais d’interagir avec des femmes en dehors du bureau, se refusant d’avoir des entrevues individuelles hors du bureau. Parallèlement, 85% des femmes se disent en sécurité au boulot, contre 91% l’année passée.

Un obstacle de plus pour les femmes

Cette méfiance ne bénéficie évidemment pas aux femmes puisqu’elle entrave un peu plus leur progression dans la sphère professionnelle. Aux États-Unis,  la population active compte 47% de femmes pour 5% de dirigeantes dans les grandes entreprises.

Plus de la moitié des travailleurs (55%) pensent, par ailleurs, que révéler une histoire de harcèlement a plus d’impact sur sa propre carrière que sur celle de son harceleur. 70% estiment que les conséquences durent plus longtemps pour la victime que pour le harceleur.