Des initiatives inspirantes face à une déforestation alarmante

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Ph. Pixabay

12 millions d’hectares, c’est la surface de bois tropicaux disparue l’année dernière, selon le World Resources Institute. Il s’agit là de la quatrième plus grande perte depuis 2001. Outre le nombre d’arbres arrachés, un million d’espèces est menacé d’extinction, d’après le rapport du groupe d’experts de l’Onu sur la biodiversité (IPBES) publié en ce début du mois de mai. Et parmi les cinq principaux coupables de cette disparition, la déforestation est pointée du doigt.

Des chiffres alarmants

Outre les graves dommages directs aux écosystèmes, la déforestation et l’agriculture sont responsables d’environ un quart des émissions de CO selon le rapport du groupe d’experts de l’Onu sur la biodiversité (IPBES). Et le problème n’est pas près de s’arranger, puisque selon le décompte de Planetoscope, 10 millions d’hectares de forêts ont déjà été détruits dans le monde depuis le 1er janvier 2019. En 2017, on décomptait 294.000 km², soit l’équivalent d’un terrain de football, ou près d’un hectare de forêt perdu chaque seconde. Chaque année, entre 13 et 15 millions d’hectares de forêts disparaissent, environ l’équivalent de la Belgique. Si l’on tient compte de la déforestation, de l’agriculture intensive, la surpêche, l’urbanisation galopante, etc., 75% de l’environnement terrestre ont par ailleurs déjà été «gravement altérés».

Face à ces chiffres alarmants, et bien qu’il soit difficile de remplacer les forêts primaires qui ont été décimées, de nombreuses initiatives se mettent en place pour tenter de faire pencher la balance dans l’autre sens et de faire ralentir ces chiffres désastreux. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, depuis 1990, trois à cinq millions d’hectares de forêts sont plantés chaque année. La Chine serait en outre le pays ayant gagné le plus de superficie forestière entre 2010 et 2015.

Des initiatives inspirantes

Quelles soient à petite ou à grande échelle, les initiatives de reboisement ont toute la même vocation: remettre un peu de vert sur la planète.

C’est, par exemple, la volonté d’Ecosia, un moteur de recherche créé en 2009, dont l’utilisation des bénéfices générés par les requêtes en ligne a déjà permis la plantation de 56 millions d’arbres à travers le monde.

En partant d’une initiative plus personnelle, le photographe Brésilien Sebastiao Riberi Salgado et sa femme Lélia, ont quant à eux décidé de reboiser le paysage décimé du ranch de bétail de leur enfance dans l’est du Brésil. Après la création d’une organisation environnementale en 1998, le couple a passé les 20 dernières années à planter quatre millions (de 293 espèces) d’arbres transformant le terrain en une forêt tropicale. Elle accueille aujourd’hui 33 espèces de mammifères, plus de 172 espèces d’oiseaux et 15 de reptiles.

En Chine, 60.000 soldats de l’Armée de libération populaire, ainsi que des policiers, ont été réaffectés à la plantation d’arbres. Ils participent ainsi au plan national dont l’objectif est de planter l’équivalent de 84.000 km² d’arbres avant la fin de l’année. Une manière d’augmenter de 21% la couverture forestière du pays d’ici à l’année prochaine.

Au Canada, des héros du quotidien appelés «tree plantes» (planteurs d’arbres) sont chargés de reboiser durant neuf à dix heures par jour, en tant que job saisonnier, de mai à octobre. Un travail éreintant au milieu de la faune sauvage, durant lequel ces derniers peuvent planter jusqu’à 6.000 arbres par jours.

Chez nous, Bruxelles a décidé de planter un arbre au sud du pays pour chaque naissance de Bruxellois.e.s sur le territoire de la ville. Une manière «de porter un projet de certification carbone qui consiste à planter des arbres pour atténuer les effets de nos émissions de CO2 et de contribuer à la reforestation en collaboration avec une ou plusieurs ONG.»

Laura Sengler