Venezuela: le quotidien centenaire Panorama cesse de paraître, faute de papier

La dernière édition papier du quotidien vénézuélien Panorama est sortie mardi: le manque de papier a eu raison de ce journal régional plus que centenaire, qui rejoint la cohorte de nombre d’autres publications vénézuéliennes désormais uniquement accessibles sur internet. « Nous avons essayé de prolonger l’existence de notre version papier. Mais malgré tous nos efforts, c’est le coeur lourd que nous vous présentons aujourd’hui la toute dernière édition imprimée », a expliqué la direction de Panorama, le plus vieux journal de Zulia, un Etat de l’ouest du Venezuela riche en pétrole.
Panorama a assuré que la rédaction continuerait d’assurer une version sur internet.
Fondé il y a 104 ans, Panorama, qui se veut « indépendant » politiquement, était la seule publication imprimée à subsister dans l’Etat de Zulia, tous les autres quotidiens, hebdomadaires et mensuels, ayant déjà mis la clef sous la porte.
Si l’industrie pétrolière y est très présente, grâce notamment aux gisements du lac de Maracaibo, l’Etat de Zulia est fortement touché par les pénuries et les coupures de courant.
« Avant d’en arriver là, nous avons bataillé pour trouver des devises étrangères nécessaires à l’achat du matériel nécessaire (tout est importé: l’encre et le papier, très onéreux). Mais nous avons souffert des terribles conséquences de la crise économique qui touche le pays, où l’hyperinflation devrait atteindre 10.000.000% cette année, selon le FMI », a encore expliqué le journal.
Selon la Fédération des chambres et associations de commerce du Venezuela, 75% des commerces de l’Etat de Zulia ont fermé au cours des 12 derniers mois en raison de la crise, ce qui a provoqué une dégringolade des recettes publicitaires du journal.
En décembre 2018, El Nacional, prestigieux quotidien de Caracas fondé en 1943, invoquait lui aussi la difficulté de se procurer du papier à l’heure d’annoncer la fin de sa version imprimée.
La fin de Panorama version papier est un nouveau coup dur pour la presse vénézuélienne. Depuis 2013, une centaine de médias ont fermé leurs portes, dont 70 journaux.

source: Belga