[Jeu vidéo] A Plague Tale : Innocence – Une aventure courte mais marquante

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En signant les adaptations vidéoludiques de Ratatouille, Wall-E et de Toy Story, le studio français Asobo nous avait habitués à des jeux gentillets et essentiellement destinés aux enfants. Avec A Plague Tale, Asobo Studio change complètement de registre et livre une œuvre noire, singulière et marquante.

Annoncé par Focus Home Interactive en janvier 2017, A Plague Tale n’avait jamais vraiment réussi à éveiller notre intérêt. C’est sans donc sans attente particulière, entre Days Gone et Rage 2, qui nous avons abordé ce jeu. Le résultat est une jolie surprise et un petit coup de cœur.

Sombre et poétique à la fois

A Plague Tale est un jeu d’action/aventure avec un peu d’énigmes, beaucoup de narration et d’infiltration, mais aussi un petit côté « simulateur de marche ». Direction l’an 1348 dans le royaume de France. Les moments idylliques du début du jeu où l’on incarne la princesse Amicia qui promène son chien dans une forêt luxuriante ne vont pas durer bien longtemps. Entre l’Inquisition qui décime la population et un mal plus mystérieux qui ravage les villes et les campagnes, A Plague Tale est bel et bien un jeu sombre, dont les images parfois violentes lui valent d’être déconseillé au moins de 18 ans. Pourtant, et plutôt paradoxalement, c’est bien principalement de la magie et de la poésie qui se dégagent du jeu et qui le rendent rapidement envoûtant et très attachant.

Une réalisation au top

Il y a d’abord, la réalisation graphique qui est de haute volée. Le petit studio français a réussi une véritable prouesse en créant un univers convainquant et de toute beauté. Sur la version Xbox One X que nous avons testée, les textures 4K et les effets de lumière sont à la hauteur des blockbusters récents. Ensuite, il y a cette bande-son signée Olivier Derivière et qui contribue grandement à la création de cet univers envoûtant. Enfin, la narration occupe une place importante dans le jeu et le scénario est captivant.

A Plague Tale est une histoire d’amitié et de fraternité. C’est un jeu 100 % solo dans lequel on incarne Amicia, une jeune fille de 14 ans. Mais son petit frère Hugo, 5 ans, même s’il n’est pas jouable, n’est jamais bien loin et occupe une place importante dans l’aventure. Dans la manière dont l’histoire est articulée autour de ces deux personnages attachants, A Plague Tale nous a ainsi beaucoup fait penser à « Brothers: A Tale of Two Sons » ou plus récemment « A Way Out ».

Musophobes s’abstenir

Impossible d’évoquer A Plague Tale sans parler des rats. Ces petites créatures sont également au cœur du jeu et à l’origine des maux qui règnent dans le royaume. Les rats sont partout et se déplacent en « horde ». Une fois qu’ils vous grimpent dessus, ils ne vous laissent aucune chance. Par contre, ils craignent la lumière. Il faudra donc jouer avec le feu pour progresser et tenir les rats éloignés. Vous pourrez aussi par exemple éteindre la torche d’un ennemi pour qu’il se fasse ronger par ces bestioles. La gestion de ces rats, même si elles sont parfois à l’origine de quelques bugs, est plutôt bluffante.

Du côté du gameplay, c’est très classique, voire un peu rigide. La plupart des phases de jeu reposent sur l’infiltration et la discrétion. Amicia manie cependant le lance-pierre et l’alchimie. Au fil de l’aventure, ses compétences se développent et elle pourra par exemple jouer avec le feu. Sans que cela ne soit frustrant, la progression est très dirigiste et ne laisse pas beaucoup de place à l’improvisation. Cela permet de se concentrer sur l’aventure et l’histoire.

A Plague Tale ne propose pas de choisir le niveau de difficulté et ses 17 chapitres se bouclent assez facilement, un peu trop peut-être diront certains. Il y a parfois quelques combats un peu plus compliqués et quelques énigmes qui demandent un tout petit peu de réflexion mais de manière générale, A Plage Tale est un jeu très facile où la narration l’emporte sur le gameplay. Du coup, il se termine malheureusement rapidement. Nous avons dévoré le jeu et il nous aura un peu moins de 10h avant d’arriver au générique de fin. Notez également qu’une fois terminé, la rejouabilité est faible. Seuls les collectionneurs referont chaque chapitre pour y dénicher les quelques objets cachés.

Disponible sur PS4, Xbox One et PC, A Plage Tale est affiché au prix de 50 €. C’est certes un peu moins cher qu’un blockbuster mais ça reste un poil élevé pour une durée de vie de moins de dix heures et une rejouabilité aussi faible.

En conclusion

Quelle surprise ! Si vous n’avez pas la phobie des rats et que vous aimez les jeux narratifs, A Plague Tale : Innocence vous fera vivre une aventure envoûtante et parfaitement réalisée. Le jeu d’Asobo Studio est plutôt court et sans grande difficulté, néanmoins, il apporte un peu de poésie parmi tous les jeux post-apocalyptiques du moment et propose un voyage original, dépaysant et marquant qui mérite le détour.

Découvrez le trailer de lancement :

REVIEW OVERVIEW
A Plague Tale : Innocence (Xbox One, PS4, PC)