La roselière de Neerpede, une réserve naturelle à quelques centaines de mètres du ring de Bruxelles

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Ph. Natagora

À Bruxelles, quand le besoin de nature se fait sentir, il y a bien sûr la forêt de Soigne. Mais il y a aussi, par exemple, la vallée de Neerpede à Anderlecht. Un petit air champêtre à quelques centaines de mètres du ring. Sa rivière et ses étangs, ses bosquets, ses champs, ses haies… et sa toute récente réserve naturelle, la deuxième que gère Natagora dans la région de Bruxelles-Capitale, après la zone humide du Broek, à Uccle.

La réserve naturelle de la roselière de Neerpede constitue un spot bien connu des naturalistes bruxellois qui viennent ici depuis des années observer de nombreuses espèces d’oiseaux. La plus grande partie de la roselière se situe dans les parcelles aux nord de la réserve, le long d’un sentier de promenade, sur des terrains qui appartiennent au CPAS de la ville de Bruxelles. La création de la réserve proprement dite, d’une soixantaine d’ares, est le résultat d’une collaboration entre la commune d’Anderlecht, Bruxelles Environnement et Natagora.

Il existe plusieurs zones de grand intérêt biologique à Neerpede, dont fait partie cette nouvelle réserve. Le terrain, propriété de la commune d’Anderlecht, n’était plus entretenu et le chantier de défrichage était lourd. En 2018, des subsides de Bruxelles Environnement ont permis sa restauration. La gestion a été confiée à Natagora et la réserve est maintenant agréée depuis le début de l’année.

Déboisement et creusement de mares

Toute en longueur, étendue vers le nord, elle est constituée de plusieurs milieux intéressants pour la biodiversité. Une zone humide, autrefois fauchée ou pâturée, occupe la partie basse, côté rue. Elle a été déboisée lors des travaux de restauration. Une première mare a été creusée, autour de laquelle s’épanouissent l’épilobe hirsute et la laîche des marais. Plus au nord, une bande de saules a été maintenue, et une seconde mare y a été creusée. Cette zone présente aussi quelques vieux saules têtards, en contact avec la pâture à chevaux voisine. Ces arbres sont un habitat idéal pour la chouette chevêche et présentent un grand atout biologique pour le site. D’autres espèces d’oiseaux y ont été observées, notamment les fauvettes grisette, à tête noire et babillarde, les rousserolles effarvatte et verderolle, le chardonneret élégant ou le martin-pêcheur.

Au vu des caractéristiques des milieux présents, la réserve devrait également devenir un site très important pour les amphibiens. Les reptiles vont également trouver leur bonheur: des tas de bois ont été laissés sur place pour favoriser leur présence. Côté insectes, le nombre d’espèces est déjà important; des libellules fréquentent le site et des dytiques et autres insectes aquatiques ont rapidement colonisé les nouvelles mares.

Au fond de la réserve, un bosquet de saules est encore en place. La roselière commence également à ce niveau, mais la zone est encore boisée, et la formation végétale s’étend surtout dans le terrain voisin. Plus loin, assez inaccessible pour l’instant, un alignement de saules délimite la réserve au nord ouest. Faute d’entretien, ces arbres ne sont plus têtards mais ils ont vocation à le redevenir.

Projet d’extension

Une tâche pour les futures gestions qui seront aussi l’occasion de fauches d’entretien et du creusement d’autres mares. Mais le projet le plus important pour la commune d’Anderlecht est de prolonger la réserve actuelle sur les parcelles au nord. Le site, classé en zone de grand intérêt biologique, bénéficie d’une protection passive mais souffre de la progression des arbres et de l’atterrissement de la zone humide. La commune est fermement décidée à garder le caractère rural de l’ensemble de la vallée de Neerpede et des zones adjacentes. Outre la préservation des paysages naturels et de la biodiversité, il y a aussi une volonté de la commune de redévelopper le rôle nourricier. La zone de Neerpede comptait en effet, il y a cinquante ans, de nombreux petits maraîchers qui ont progressivement disparu.

Des volontaires prêts à se mouiller

La première réunion de la commission de gestion bruxelloise Natagora a eu lieu en février dernier. Elle rassemble une dizaine de volontaires, aux profils variés. Elle a pour objectif la restauration et la protection de deux réserves naturelles: le Broek, à Uccle, et la Roselière de Neerpede, à Anderlecht. Elle s’assurera du suivi des plans de gestion des réserves, effectuera des recensements d’espèces, et sensibilisera les Bruxellois à l’importance de la nature en ville. Si vous êtes intéressés, contactez: [email protected]

Benoit Vignet