Les chamanes utilisent des hallucinogènes depuis un millénaire

Contenu de la pochette rituelle. Crédit : PNAS

Des outils ancestraux utilisés pour la consommation de drogue ont été découverts en Bolivie. Leur étude prouve l’utilisation de plusieurs substances psychoactives depuis près de 1.000 ans, notamment de la cocaïne et de l’ayahuasca.

L’étude, publiée par l’Académie Nationale des Sciences des États-Unis, se penche sur un trésor archéologique peu commun : une pochette de cuir découverte en 2010 au sud-ouest de la Bolivie rassemblant des ustensiles pour l’usage de drogues.

Ce kit rassemble les outils utiles au consommateur de drogues de l’époque précolombienne : pochette faite de museaux de renards, spatules fabriquées en os de lama, tubes, plateformes de bois servant à l’inhalation,… La datation carbone fait remonter ces objets rituels à près d’un millier d’années.

Rassemblés dans une pochette en cuir, ils ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques dans une grotte bolivienne. Situé dans les Andes, à 3.900 mètres d’altitude, le site a été occupé par l’homme de manière intermittente lors des 4.000 dernières années.

« Alors que les preuves archéologiques de la consommation de psychotropes, tels que l’alcool et la caféine, remontent à des milliers d’années, les preuves de l’utilisation d’autres substances psychoactives ont été plus difficiles à documenter », expliquent les chercheurs.

Connaissances botaniques

L’analyse chimique des résidus organiques a révélé des traces de présence de bufoténine, de cocaïne, de diméthyltryptamine (DMT) et d’harmine. L’attirail chamanique de l’époque ne contenait donc pas uniquement des plantes hallucinogènes, mais également des préparations plus fortes. C’est en particulier le cas de l’ayahuasca, toujours utilisé dans les rituels chamaniques actuels.

Outre l’utilisation de ces plantes psychoactives voilà déjà un millénaire, les analyses prouvent les connaissances botaniques sophistiquées des chamanes de l’époque. De plus, les chercheurs ont constaté que toutes ces plantes ne sont pas originaires de la région sud-ouest de Bolivie, là où elles ont été retrouvées. Cela indique donc que les hallucinogènes étaient transportés sur de longues distances grâce à des réseaux commerciaux élaborés.