Marion Cotillard : « L’amitié, c’est comme l’amour, il faut en prendre soin »

On ne l’avait pas vue venir, mais voici la suite des ’Petits Mouchoirs’! Pour ’Nous finirons ensemble’, Guillaume Canet repasse derrière la caméra, et filme tous ses potes en vacances au Cap Ferret. Gilles Lellouche, Laurent Laffite, François Cluzet, ils sont tous là. Et même Marion Cotillard, sa compagne à la ville. Elle nous raconte pourquoi il ne s’agit pas d’une simple suite, et s’illumine dès qu’elle parle d’amitié.

C’est votre première suite depuis la série ’Taxi’. Contente de retrouver votre personnage?

Marion Cotillard: «Oui, c’était très intéressant de voir l’évolution de Marie. Dans le premier, Guillaume s’était inspiré de moi. Sauf que Marie a une grande part d’ombre. Elle fait semblant d’être à l’aise alors qu’elle ne l’est pas. J’ai dû gratter dans ma propre personnalité, et ça a rendu le visionnage des ’Petits Mouchoirs’ assez déstabilisant. Dans ’Nous finirons ensemble’, Marie est une mère célibataire complètement paumée. Donc pas tout à fait moi… Heureusement d’ailleurs (rires)!»

Qu’est-ce qui a changé en huit ans?

«Je ne peux pas vraiment parler pour Guillaume, mais ce film parle de certaines amitiés dont il n’a pas forcément pris soin. Parce qu’il travaillait, parce qu’à un moment donné on a créé une famille… Il s’est rendu compte que l’amitié, c’est comme l’amour, il faut en prendre soin.»

Avez-vous suivi l’écriture dès le début avec Guillaume?

«Oui, mais je n’étais pas la seule. Guillaume a fait lire le scénario à toute la bande. On le connaît tous très bien, et on a osé lui dire quand il n’allait pas assez loin. Chacun a permis à l’histoire d’évoluer. Et puis on a tous vécu des histoires qui nous ont permis d’enrichir celle de cette bande de potes.»

Pas trop difficile, l’amitié entre acteurs?

«On dit plein de choses, vous savez. Oui, il y a de la compétition, et certaines places sont chères. Mais il y a bien plus d’histoires sans rivalité. Je suis très amie avec des filles de ma génération, qui pourraient jouer les mêmes rôles que moi. On est heureuses les unes pour les autres. On veut que l’autre se réalise, et on se soutient là-dedans.»

Ça donne quoi, un tournage entre potes?

«Cette fois-ci, on était plus disciplinés que sur ’Les petits mouchoirs’ (rires). Ça avait été très compliqué pour Guillaume, parce qu’on ne l’écoutait pas vraiment. Il criait ’coupez’ et on continuait à dire des conneries, à mettre le bordel. La frontière entre la réalité et la fiction était souvent dépassée, et pour lui, c’était même douloureux de ne pas pouvoir être avec nous dans cette énergie.»

Avec quel personnage de la bande partiriez-vous en vacances?

«Éric (joué par Gilles Lellouche, NDLR)! Parce que Gilles est un de mes meilleurs amis. On est très intimes, c’est le parrain de ma fille. Et en même temps non, c’est difficile de choisir, parce que j’aime tellement Antoine (Laurent Lafitte). Pourquoi pas un peu de féminin aussi, je crois que je choisirais Isabelle (Pascale Arbillot) pour un long trajet en bagnole. Non, c’est impossible de choisir. On prendra un minibus, et on fera les chaises musicales.»

Il y a une scène de parachute au milieu du film. Vous en aviez déjà fait?

«Oui, j’adore ça! Je n’étais pas dans la situation de Laurent (Lafitte), qui n’en avait jamais fait, ou de François (Cluzet), qui n’avait pas du tout envie de sauter. Mais il l’a vraiment fait… parce que c’était pour Guillaume. C’est beau l’amitié, ça peut faire sauter dans le vide.»

Vous pouvez nous en dire plus sur le documentaire que vous produisez?

«C’est réalisé par Flore Vasseur, et elle s’intéresse à l’activisme grandissant de la jeunesse. Tant dans le domaine environnemental que social. Notre fil rouge est une jeune fille de Bali qui est parvenue à faire interdire les sacs en plastique sur son île. On la suit dans sa rencontre avec de jeunes engagés qui veulent éveiller les consciences, partout à travers le monde.»

Et puis, on vous retrouvera dans ‘355’, un film hollywoodien!

«C’est un film d’espionnes avec Jessica Chastain et Penelope Cruz, mais je ne peux pas encore en dire plus. J’ai la chance de pouvoir faire des films là-bas, et aujourd’hui encore, ça me paraît fou! Ça provoque beaucoup de joie en moi.»

Stanislas Ide

En quelques lignes

On les a vus se chamailler dans ‘Les Petits Mouchoirs’, les revoici huit ans plus tard dans la même maison, avec toujours autant de problèmes. Max (François Cluzet) a divorcé et ne parle plus au reste de la bande, Marie (Marion Cotillard) préfère son rôle de bonne copine à celui de mère célibataire, et Isabelle (Pascale Arbillot) profite de son divorce pour enchaîner les rendez-vous Tinder. Bonne nouvelle, la comédie française bat toujours son plein! On rit beaucoup, surtout grâce à Laurent Lafitte, qui vole à nouveau la vedette. Mais autant le dire tout de suite, ceux qui ont trouvé le premier volet agaçant vont tout autant détester celui-ci. Guillaume Canet retombe dans le même piège, et se sent obligé de nous donner une leçon de vie. Sauf que voir une bande de Parisiens se crier dessus, pour finir par comprendre que l’amitié c’est important, c’est irritant. Dans ‘Les Bronzés’, au moins, on partait du principe que tous les personnages étaient des caricatures insupportables… Rien de bien méchant, mais rien de très profond non plus.(si) 2/5