Comment bien choisir ses vêtements outdoor

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Les adeptes d’aventure en plein air sont souvent de fervents défenseurs de la nature. Pourtant, leurs vêtements peuvent contribuer à la détruire. Voici quelques conseils pour acheter des vêtements outdoor moins polluants.

Avant d’acheter

L’achat le moins polluant est celui qu’on ne réalise pas. Fort de cette maxime, le consommateur de vêtements outdoor réfléchira à deux fois avant de passer à la caisse, et optera pour des textiles adaptés à ses besoins. Inutile d’investir dans un coupe-vent ultraperformant destiné à des alpinistes chevronnés pour aller se promener le long de la mer. De même, le tee-shirt en mérinos qui ne produit pas de mauvaises odeurs est loin d’être indispensable pour une randonnée de deux jours. Dans ce cas, deux tee-shirts en coton bio feront l’affaire, et seront aussi le moyen de réaliser de belles économies.

Une autre manière de réduire l’impact environnemental de ses achats de vêtements est d’éviter de réaliser un achat pour rien. C’est d’autant plus important quand on parle de vêtements outdoor, qui sont souvent vendus à des prix élevés. Ainsi, mieux vaut demander conseils à d’autres usagers, tant sur la qualité du produit que sur son usage. Ces informations permettront de se tourner directement vers le produit adapté. Et lors de l’achat, le consommateur conscient veillera à ne pas se laisser tenter par les plus petits prix. Il est préférable d’investir dans une veste coûteuse qui va durer plusieurs années que dans sa petite sœur bon marché qui rendra l’âme après une ou deux saisons, recommande Ecoconso.

Penser aux alternatives

Il est parfois possible de ne pas acheter un nouveau vêtement en se débrouillant avec ce que l’on a. La planète vous en remerciera autant que votre portefeuille. L’achat d’un manteau chaud pour le ski peut parfois être remplacé par une utilisation judicieuse du système multicouche (une couche de base pour évacuer la transpiration, une couche intermédiaire pour tenir chaud, une couche externe pour protéger du vent et de la pluie).

Ajouter un tee-shirt à manches longues ou un sous-pull en laine peut facilement permettre de gagner les quelques degrés recherchés. Ces combinaisons ont d’ailleurs la préférence des sportifs expérimentés, puisqu’elles ont l’avantage d’être modulable. L’utilisateur peut ajouter ou enlever une couche à loisir, et ainsi maintenir son corps à une juste température, ni trop froide pour le confort, ni trop chaude pour ne pas transpirer.

Le choix de la matière

Les matières naturelles sont la meilleure option de vêtements respectueux de l’environnement. Les randonneurs à la recherche de vêtements chauds pourront se tourner vers la laine, notamment celle de mérinos. Elle tient chaud, limite les mauvaises odeurs, et évacue l’humidité de la transpiration plus rapidement que le coton. Ce dernier, s’il est moins chaud, est aussi une bonne option, notamment s’il est bio. On notera toutefois qu’il est un plus long à sécher, ce qui peut poser problème dans certaines situations.

Le duvet est également plébiscité par les habitués d’activités outdoor. Il a l’un de meilleurs rapports chaleur/poids, et est 100% naturel. Attention toutefois à s’assurer des conditions de production des plumes d’oies ou de canard. Il est donc indispensable de se tourner vers des marques labélisées (Bluesign, GOTS, Oekotex, RDS, FairWear Foundation).

Certaines matières recyclées affichent également de bonnes performances. Le polyester est hydrophobe et léger, ce qui a poussé certaines grandes marques à l’adopter. Il isole bien, même humide. Seul inconvénient, il laisse se développer les odeurs de transpiration, et est moins confortable que la laine. La polaire, utile dans bien des situations, est légère et respirant. En revanche, elle est parfois encombrante.

Le choix du produit

Dernier critère essentiel, il faudra s’assurer de la solidité du produit acheté. Des coutures renforcées sont la garantie d’une durée de vie plus élevée, d’autant plus sur des vêtements gore-tex, qui sont de fait délicats à recoudre soi-même. Le randonneur fera également attention à la résistance de zones où va venir frotter le sac à dos, le cycliste à celles de l’entrejambe, souligne également Ecoconso.

Les alternatives à l’achat neuf

De bonnes offres de seconde main sont parfois disponibles via les sites internet comme 2ememain.be, les groupes Facebook spécialisé, ou les clubs de sport.

Il est également intéressant de penser à réparer ses vêtements. Pour un vêtement imperméable déchiré, on se tournera vers les tutoriels en ligne. Il est possible de faire des choses très pro avec la bonne colle ou la bonne pièce adhésive, qui sont également très économiques.

Vers la fin de l’usage des PFC

La plupart des vêtements outdoor sont conçus à partir d’hydrocarbures perfluorés, qui contiennent des PFC, des gaz à effet de serre qui contribuent au dérèglement climatique. En 2015, Greenpeace a lancé la campagne «Detox outdoor», pour demander aux fabricants de bannir ces matières. Cela commence à payer. Gore Fabrics, qui fabrique les célèbres produits Gore-Tex et fournit les revêtements et membranes aux marques de plein air comme The North Face et Mammut, s’est engagé à retirer les PFC d’ici 2023. Leur usage sera fortement réduit dès 2020. L’engagement des poids lourds du secteur a incité d’autres fabricants à suivre le mouvement.