Aider les petits commerces à bannir le plastique

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Ph. D. R.

Une ONG entend aider les petits commerces à réduire leur impact écologique en supprimant les emballages à usage unique. L’association «Safe Food Advocacy Europe» vient de lancer un projet pilote à Ixelles. Cette dernière accompagne concrètement des petits commerces afin de trouver avec eux des solutions pour proposer des contenants réutilisables.

Personne ne contredira cette idée que les emballages plastiques à usage unique, dans leur très grande majorité, constituent une aberration totale au regard de leur impact sur l’environnement alors même que des alternatives très simples peuvent être mises en place. Il s’agit avant tout de changer très légèrement nos habitudes, comme l’explique Antoine D’haese, qui représente «Safe Food Advocacy Europe», une association basée à Bruxelles mais qui travaille à la défense des consommateurs dans toute l’Europe, en mettant en place des actions dans le secteur de l’agroalimentaire.

Prendre le commerçant par la main

Avec leur campagne: «Un emballage, plusieurs usages», soutenue par le programme LIFE de la Commission européenne et par Bruxelles Environnement, Safe Food Advocacy Europe veut prendre le petit commerçant par la main: «Nous contactons, pour le moment du côté d’Ixelles, des petits commerces alimentaires comme des épiceries et des sandwicheries. On met en place avec eux un système d’emballages réutilisables jumelé avec une carte de fidélité pour que les commerçants aient un incitant à participer à l’action et pour encourager les clients à revenir avec leur emballage réutilisable», explique Antoine D’haese qui précise qu’ils utilisent alors surtout des bocaux en verre ou des boîtes en aluminium. Les commerçants peuvent également se rendre sur leur site internet pour y trouver des conseils.

«L’industrie a des moyens colossaux»

Safe Food Advocay Europe constitue une espèce de lobby qui défend les consommateurs en menant des actions auprès des parlementaires européens, de la Commission européenne, de l’industrie agroalimentaire, etc. L’association critique par exemple l’utilisation abusive d’OGM, les sucres ajoutés ou encore les additifs alimentaires.

Malgré leurs combats aux allures de pot de terre contre pot de fer, Antoine D’haese pense que leur action est constructive: «C’est compliqué car l’industrie a des moyens colossaux. Beaucoup plus de moyens que nous. Mais nous pensons quand même pouvoir impacter les consommateurs car on a déjà agi par le biais de parlementaires qui nous écoutent, par le biais d’acteurs présents à des tables de réunions comme la European Safe Food Authority, ou encore via nos relais à la Commission.»

Et il est plutôt optimiste pour l’avenir également: «Si l’Europe veut être cohérente avec sa stratégie anti plastique, il faut qu’elle s’appuie sur des petites ONG comme nous. D’autant que les consommateurs aujourd’hui sont plus prompts à écouter les ONG comme la nôtre plutôt que d’écouter l’industrie.»

Lucie Hage

www.safefoodadvocacy.eu