Groen veut supprimer les flexijobs après un rapport critique de la Cour des comptes

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AFP / F. DUFOUR

Groen veut supprimer les flexijobs, ces emplois dans les secteurs horeca, le commerce de détail, les boulangeries, les salons de coiffure, disponibles, moyennant un régime de cotisations sociales favorables (le revenu net est égal au brut), en complément d’un emploi exercé à minimum 4/5 temps ou d’un revenu de pensionné.

Pour la présidente de Groen, Meyrem Almaci, qui s’exprimait mardi matin sur la VRT-Radio, « les flexi-jobs portent atteinte à la dignité du travail et poussent les groupes vulnérables hors du marché du travail ». A l’origine, le système a été pensé pour rencontrer des besoins lors de moments de forte activité, et afin de lutter contre le travail au noir. Mais, les écologistes flamands constatent qu’il s’agit d’un système devenu structurel, qui porte atteinte à la qualité du marché du travail, dont sont exclus, en conséquence, les plus précaires.

Vers une évaluation du dispositif

Meyrem Almaci a notamment fait référence, pour appuyer ses dires, à une étude récente de la Cour des comptes. Le 27 février, la Cour a analysé le Plan Horeca du gouvernement fédéral, dans lequel s’inscrivent ces flexijobs par lesquels les travailleurs occupés au moins à 4/5e temps auprès d’un autre employeur peuvent travailler dans l’horeca à titre complémentaire. L’employeur s’acquitte de cotisations patronales de 25 % à l’ONSS et le travailleur est entièrement exempté de charges fiscales et de cotisations ONSS.

Ce statut devait entre autres choses permettre aux établissements horeca d’embaucher du personnel lors des pics d’activité. Or, selon la Cour, l’utilisation de la mesure est constante tout au long de l’année, surtout pendant les week-ends. Vu la conception très large du 4/5e (valable sur trois trimestres précédents), il apparaît également qu’au moment où le flexijob est presté, 17% des « flexi-travailleurs » n’exercent pas d’autre emploi à 4/5e et 5,5% n’exercent aucun autre emploi.

La Cour recommande d’évaluer le dispositif. « L’extension des flexijobs à d’autres secteurs peut avoir des conséquences considérables pour la sécurité sociale », a-t-elle avarti. Le plan horeca a entraîné des glissements d’emplois, constate-t-elle. Les charges salariales liées aux statuts flexibles sont moins élevées, les employeurs risquent donc de remplacer les emplois réguliers par des flexijobs, du travail occasionnel ou des heures supplémentaires nettes pour payer moins de charges sociales. Dès lors, pour les Verts flamands, il ne convient pas de poursuivre l’élan engagé depuis 2015. « Il faut supprimer ces flexijobs et choisir la solution basique, la baisse des charges sur le travail », a dit Meyrem Almaci.

Proposition qui fait débat

La présidente de l’Open Vld Gwendolyn Rutten n’est pas d’accord avec cette proposition. Pour elle, il faut au contraire étendre les flexijobs à tout le secteur privé. Il faut « plus de petites mains, simples et payables », a-t-elle réagi sur Twitter. Le CD&V a partagé les critiques des libéraux flamands, le député Hendrik Bogaert voyant se transformer Groen en bureau de traduction de son parti frère francophone, Ecolo. Pour l’ex-secrétaire d’Etat N-VA Zuhal Demir également, « Groen est sur le point d’importer la misère wallonne et bruxelloise ».