La biodiversité contaminée par de nombreux produits pharmaceutiques

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AFP / E. Irving-Swift

Des molécules pharmaceutiques rejetées par les entreprises et par les particuliers se retrouvent dans l’eau des rivières, contaminant de cette manière des centaines d’animaux marins et non-marins.

Nos cours d’eau sont remplis de molécules pharmaceutiques rejetées par des particuliers, les hôpitaux ou encore des entreprises. Une problématique mondiale vu que certaines de ces molécules ont été retrouvées dans de l’eau… en Antarctique! Et toutes ces molécules sont par la suite mangées par des poissons ou des crustacés, eux-mêmes dévorés par leurs prédateurs naturels. Ce qui contamine une bonne partie du monde animal.

Comme le rapporte The Atlantic, nos cours d’eau contiennent donc des traces d’antidépresseurs, d’antibactériens, mais aussi de médicaments contre l’insomnie et la douleur. Si rien ne change, cette pollution devrait augmenter de deux tiers d’ici 2050, représentant un danger pour la biodiversité. Plusieurs études ont par exemple prouvé qu’un ornithorynque vivant dans un fleuve contaminé de Melbourne avale quotidiennement une dose d’antidépresseurs équivalente à plus de la moitié de ce qui est recommandé pour l’humain.

Et les ornithorynques ne sont pas les seuls animaux touchés. De plus en plus de scientifiques s’intéressent aujourd’hui aux conséquences de cette pollution avec des résultats édifiants. Les amphétamines modifient par exemple le développement d’insectes aquatiques alors que certains crabes ont des comportements « à risque » à cause de médicaments qui affectent le niveau de sérotonine. De leur côté, les saumons d’Atlantique exposés au Valium ou au Xanax migrent deux fois plus vite que les autres saumons. Ces saumons arrivent alors en mer sous-développés et avant que les conditions climatiques ne soient favorables.