La rotation des cultures, aussi dans le potager

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Les scientifiques recommandent aux agriculteurs de pratiquer une rotation des cultures afin de favoriser la régénération des sols. Ce conseil s’applique également aux potagers.

Avis aux jardiniers débutants: on ne plante pas le même légume au même endroit tous les ans. L’idéal est de mettre en place un système de rotation basé sur un cycle de trois à six ans, comme cela se fait dans les champs. «C’est le seul moyen d’obtenir un sol équilibré, bien structuré et de se passer de pesticides», souligne l’asbl Ecoconso. Les plantes peu exigeantes en azote succèdent à celles qui ont appauvri le sol. Elles se voient ensuite remplacées par des engrais verts, des plantes qui vont aider le sol à retrouver un niveau de cette substance utile à la croissance de nombreuses plantes. L’idée est de déplacer les cultures de parcelle en parcelle. Au bout du cycle, on a fait le tour du potager, et on repart pour un tour.

Le fait de laisser une même culture sur le même sol d’année en année a aussi pour effet d’attirer les ravageurs. Cela revient à leur offrir leur plat préféré sur un plateau. Enfin, une rotation bien gérée permet de puiser dans les différentes couches du sol, et donc d’assurer la meilleure productivité possible.

Que choisir?

Il y a différents cycles d’alternance possible. Il faut commencer par regrouper les plantes par type et par sensibilité aux maladies et ravageurs. Ensuite, chaque groupe se voit attribuer une parcelle, et se décale d’année en année, jusqu’à revenir à son emplacement d’origine.

Le jardinier peut ainsi commencer avec une culture améliorante, comme des poix, des fèves, ou des haricots. Pour l’année suivante, il faudra se tourner vers des légumes feuilles, comme des épinards, des choux, ou bien du fenouil. La troisième année, on préférera des légumes racines, capables d’aller chercher les nutriments plus profondément enfuis dans le sol, comme des carottes, des radis, ou encore des oignons. Enfin, une quatrième année avec une culture de pommes de terre sera l’occasion de nettoyer le sol. L’épais feuillage de la plante nuit aux mauvaises herbes, qui ne parviennent plus à se développer.

Les plantes vivaces

Au contraire des plantes annuelles, les plantes vivaces sont en terre pour plusieurs années. C’est le cas des rhubarbes, des fraisiers, ou encore des artichauts. Impossible évidemment de les déplacer. Il est conseillé de leur réserver les bordures des potagers.

 

Des serres sur les toits

Groof (Greenhouses to reduce CO2 on Roofs) invite les particuliers, entreprises privées et publiques à bénéficier d’un coaching pour la construction d’une serre sur leur toit. Ce projet pionnier en agriculture urbaine hors sol a pour objectif de mettre en avant les possibilités de réduction des émissions de CO2 grâce à des cultures de nourriture ultra-locales. «Dans un contexte urbain de plus en plus dense, la possibilité de cultiver hors-sol se présente comme une solution clé pour notre futur. La chaleur et le CO2 produits par l’activité humaine sont récupérés pour la production de végétaux en serre sur toit, ce qui permet de procurer une alimentation locale de qualité, tout en répondant aux enjeux environnementaux et climatiques», notent les promoteurs du projet. L’appel est ouvert jusqu’au 30 juin. Les particuliers retenus bénéficieront d’un coaching pour développer leur installation.

www.groof.eu