Éric Berger de retour dans Tanguy 2 : « J’étais directement emballé par l’idée d’une suite »

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On l’avait découvert en 2001 dans ’Tanguy’, la comédie culte sur un trentenaire qui vit toujours chez ses parents (André Dussolier et Sabine Azéma). Dix-sept ans plus tard, Éric Berger rentre au bercail pour la suite, à nouveau réalisée par Étienne Chatiliez (‘Tatie Danielle’, ’La vie est un long fleuve tranquille’). De passage à Bruxelles, il nous parle du rôle de sa vie, et de ces retrouvailles en famille.

Comment cette suite est-elle née?

Éric Berger: «C’est un concours de circonstances. Un producteur qui tournait avec André Dussolier lui a demandé: ’Tiens, pourquoi est-ce que Tanguy ne reviendrait pas’? Il a appelé Étienne (Chatiliez, le réalisateur, NDLR), qui a vite trouvé une idée. Puis Sabine Azéma, qui a répondu oui. Et moi derrière, et c’était parti!»

Qu’avez-vous ressenti en lisant le scénario?

«Qu’il s’agissait d’une vraie suite. J’étais directement emballé, parce qu’il y a une bonne raison de faire revenir les personnages. Le cahier des charges est respecté par rapport au premier: on retrouve la comédie des parents qui veulent chasser leur fils, le hoquet nerveux de Sabine, etc. Mais le temps a passé. Tanguy a perdu un peu de cheveux, et il a pris un peu de poids. Il vient de se faire larguer et rentre de Chine avec sa fille adolescente. Et elle est bien la fille de son père…»

Comment avez-vous vécu le succès du premier chapitre?

«Ça m’échappait, je ne m’y suis pas intéressé plus que ça. J’étais épaté bien sûr, mais quand un film sort, vous êtes comme dépossédé. Le bateau part, et c’est très bien comme ça. Des chaînes de télé ont essayé de m’inviter sur des plateaux pour parler du phénomène, mais je leur répétais que je n’avais rien à dire dessus.»

Le premier film mettait quand même le doigt sur le phénomène des adulescents. De quoi parle la suite?

«On pourrait même dire que ce phénomène sociologique s’est emparé du titre du film pour s’expliquer lui-même. Aujourd’hui, on parle très sérieusement des ’Tanguy’. Ils sont de plus en plus nombreux parce que l’autonomie financière est plus dure à atteindre. Quant à la suite, même si je ne suis pas sociologue, je pense qu’elle parle du vieillissement des parents, du fait qu’on va s’occuper d’eux bien après leur retraite.»

Vous parlez réellement le chinois?

«Non, pas du tout. C’est bien moi qui prononce les phrases dans le film, et je sais ce que je dis au moment où je le dis. J’ai travaillé dur pour le faire correctement. Le défi était double. Je voulais montrer que j’y arrivais, pour mon orgueil, et je voulais être à la hauteur pour les comédiens autour de moi, par respect. Et puis, je voulais aussi être cohérent avec le fait que le gars vient de passer dix-sept ans en Chine.»

On vous appelle Tanguy dans la rue?

«Ah oui, bien sûr, on ne m’appelle que Tanguy! Non c’est faux, parfois les gens cherchent vite fait mon vrai nom sur Wikipédia avant de me parler (rires). J’aime assez ça, parce que je vois bien que les gens s’adressent au personnage du film et pas à l’acteur. Je trouve ça plus joli. Il y a pire à porter comme héritage. Je n’ai pas fait un film sur un Nazi non plus (rires)! On me sourit, et je vois bien que les gens sont contents de me voir. Après le premier film, beaucoup me tombaient dessus avec un énorme sourire, en me disant: ’Qu’est-ce qu’on a envie de vous mettre des claques’ (rires)!»

Jusqu’à quel âge avez-vous vécu chez vos parents?

«22 ans, et ce ne fut pas un départ difficile. Mes parents m’ont laissé partir, ils ne m’ont pas chassé. Je montrais une vraie volonté de m’en aller. J’étais prêt à vivre dans 9m² s’il le fallait. Je voulais avoir une clef à moi, et ne rendre de comptes à personne. Je ne suis pas du tout un ‘Tanguy’!’»

Que se passera-t-il dans ’Tanguy 3’?

«Je n’en sais rien! On vient de pondre le bébé, on ne va pas lui donner une petite sœur tout de suite. Déjà qu’on ne s’attendait pas à tourner celui-ci…»

Stanislas Ide

En quelques lignes

Vous vous souvenez de Tanguy (Éric Berger), ce jeune homme de 28 ans vivant encore chez ses parents (Sabine Azéma et André Dussolier)? Dix-sept ans après avoir marqué l’histoire de la comédie française, le réalisateur Étienne Chatiliez (‘Tatie Danielle’) rempile pour une suite… hélas aussi mauvaise qu’inutile. Tanguy vient de se faire jeter par sa femme, et rentre à Paris avec sa fille de 16 ans pour pleurnicher chez ses parents. Mais le grand dadais prend ses aises, et le jeu sadique pour lui donner envie de partir peut recommencer. Voilà, voilà… Une fois passée la curiosité des dix premières minutes, la faiblesse des dialogues et l’absence de mise en scène nous font déjà piquer du nez. Les blagues sont amenées avec la délicatesse d’un camion, et certains stéréotypes sur la famille chinoise de Tanguy mettent carrément mal à l’aise. Dans le genre réchauffé, mieux vaut encore se retaper ‘Les Bronzés 3’. C’est dire… (si) 1/5