L’Equateur arrête une personne «proche» d’Assange pour déstabilisation

AFP

L’Equateur a arrêté jeudi une personne «proche» de Julian Assange accusée d’avoir «collaboré aux tentatives de déstabilisation du gouvernement» du président Lenin Moreno, a annoncé la ministre de l’Intérieur Maria Paulo Romo.

La ministre a précisé que cette personne, dont elle n’a pas dévoilé le nom, avait été interpellée alors qu’elle s’apprêtait à quitter l’Equateur pour aller au Japon. Plus tôt, peu après l’annonce du retrait de l’asile diplomatique et de la nationalité équatorienne à Julian Assange, Mme Romo avait dit: «Un des membres clés de l’organisation WikiLeaks et proche de M. Julian Assange vit depuis plusieurs années en Equateur. Nous avons des preuves suffisantes que cette personne a collaboré aux tentatives de déstabilisation du gouvernement».

Mme Romo a ajouté que ce collaborateur du site WikiLeaks «travaillait de manière proche» avec l’ex-ministre des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, du précédent président équatorien Rafael Correa (2007-2017), ainsi qu’avec «deux hackers russes qui vivent aussi en Equateur». Selon la chaîne Teleamazonas, la personne arrêtée est un ressortissant suédois, Ola Bini, expert en informatique, spécialiste en questions de sécurité et cryptographie. Sur son compte Twitter, Ola Bini, dans son dernier tweet publié jeudi, dit redouter «une chasse aux sorcières». «Nous ne permettrons pas que l’Equateur se convertisse en un centre de piraterie informatique et nous ne pouvons permettre que des activités illégales se déroulent dans le pays, que ce soit pour porter préjudice à des citoyens équatoriens, d’autres pays ou à n’importe quel gouvernement», a également souligné la ministre de l’Intérieur.

Plus tôt dans la journée de jeudi, Quito avait mis fin à l’asile qu’il accordait à Julian Assange depuis près de sept ans. L’Australien de 47 ans a été extrait de force de l’ambassade équatorienne à Londres par la police britannique et reconnu coupable par la justice locale d’avoir violé les conditions de sa liberté provisoire.

M. Assange s’était réfugié en 2012 dans cette ambassade pour éviter d’être extradé vers la Suède, où il était accusé de viol, un dossier depuis classé. Le fondateur de WikiLeaks en 2006 a été arrêté en vertu d’une demande d’extradition américaine pour «piratage informatique», qui sera examinée au cours d’une audience le 2 mai, et d’un mandat délivré en juin 2012 par la justice britannique pour non présentation au tribunal, un délit passible d’un an de prison. Il est accusé d’avoir aidé l’ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense.