La Norvège renonce au gisement de pétrole des îles Lofoten

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AFP / O. Morin

Les autorités norvégiennes ont décidé de ne pas exploiter le grand gisement de pétrole des îles Lofoten, situées dans le cercle Arctique. Ce gisement aurait pourtant pu lui rapporter 65 milliards $.

Les autorités norvégiennes ont décidé de prendre une décision forte en matière climatique. Alors que la Norvège est le quatorzième plus grand producteur mondial de pétrole, le pays a décidé de renoncer à exploiter le gisement de pétrole situé dans l’archipel des îles Lofoten. Pourtant, l’archipel recèlerait d’un à trois milliards de barils pour un potentiel économique de 65 milliards $.

C’est grâce à un revirement de bord du plus grand parti norvégien, le parti travailliste, aujourd’hui dans l’opposition, que cette décision a été prise. Les travaillistes étaient en effet d’abord en faveur de l’exploitation du gisement. Mais suite à la pression de l’opinion publique, le parti a changé d’avis. C’est donc aujourd’hui une majorité de l’Assemblée norvégienne qui est contre ce projet. Un coup dur pour les compagnies pétrolières. « L’industrie tout entière est surprise et déçue », affirme au site d’information économique Bloomberg Karl Eirik Schjott-Pedersen,  le directeur de la confédération nationale Norwegian Oil and Gas Association. Les syndicats, alliés du parti travaillistes, se montrent également mécontents.

« Symbole du futur durable »

L’exploitation des îles Lofoten aurait représenté un grand danger pour la biodiversité de la région. L’archipel abrite la plus grande barrière de corail en eaux froides du monde et la plus grande colonie d’oiseaux de mer d’Europe. « Depuis plus d’une décennie, nous demandons au parti travailliste norvégien d’être du bon côté de l’histoire et de voter pour protéger l’une des zones marines les plus vulnérables et uniques contre le développement du pétrole et du gaz. Cette victoire est le symbole du futur durable pour lequel nous nous battons », se réjouit de son côté l’environnementaliste norvégienne Ingrid Skjoldvaer dans un communiqué relayé par Ouest France.

Il y a quelques jours, la Norvège avait déjà fait parler d’elle. Son fonds souverain, de plus de 1.000 milliards de $, avait annoncé céder ses investissements dans 134 entreprises (d’une valeur de 8 milliards $) d’exploration et de production d’hydrocarbures. Le but est de réinvestir un maximum cet argent dans des fermes à éoliennes et des centrales solaires.