Quel a été le rôle de la SNCB dans la déportation ? La Chambre en faveur d’une enquête

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La Chambre a adopté jeudi à l’unanimité, sauf la N-VA qui s’est abstenue, une proposition de résolution du député David Geerts (sp.a) invitant le gouvernement fédéral à commander une enquête indépendante sur le rôle de la SNCB dans la déportation.

Quel a été le rôle de la SNCB dans l’organisation de 28 convois qui ont envoyé à la mort la quasi-totalité des 25.257 Juifs et 351 Tziganes transportés, au départ de la caserne Dossin à Malines, vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau ?

Le SPF Mobilité et Transports et la SNCB priés d’ouvrir leurs archives

La Chambre a adopté une proposition qui demande de charger la SNCB de faire réaliser une enquête sur l’attitude adoptée par la direction de l’époque face à l’occupant allemand et sur l’impact qui en a résulté pour la société ferroviaire. Le SPF Mobilité et Transports et la SNCB sont priés d’ouvrir leurs archives. Le (futur) gouvernement est invité à élaborer après réception de l’étude une éventuelle proposition de reconnaissance et de dédommagement des proches des victimes de ces convois.

Une décision prise le 11 juin 1942

Les personnes déportées étaient soumises à de nombreuses privations pendant ce voyage de 1.200 kilomètres, qui durait entre 3 et 4 jours. La décision de la déportation par la SNCB a été prise le 11 juin 1942. Une étude du CEGESOMA, réalisée à la demande du Sénat, a mis en évidence en 2007 l’attitude docile de l’Etat belge qui l’a amené à collaborer de telle manière que les conséquences furent désastreuses pour la population juive. Un des auteurs de cette étude, Nico Wouters, a indiqué qu’il n’existait pas suffisamment d’études scientifiques permettant d’évaluer correctement le rôle joué par la SNCB à l’époque. Il estime toutefois qu’il y aurait eu une imbrication totale entre la SNCB et la Wehrmacht Verkehrsdirektion allemande. Les chemins de fer belges ont apporté leur entière collaboration au trafic ferroviaire allemand et/ou militaire.

Une page noire de l’histoire de la SNCB

En 2012, l’administrateur délégué de la SNCB Holding, Jannie Haek, a reconnu, lors d’une cérémonie qui s’est tenue à la Kazerne Dossin à Malines le rôle joué par les chemins de fer dans la déportation comme une page noire de l’histoire de la SNCB. Un wagon de train en bois cédé par la SNCB y est exposé, devenu aujourd’hui une pièce historique maîtresse du musée. Un wagon est également exposé dans une salle spéciale du musée Trainworld à Schaerbeek dans le cadre du devoir de mémoire.