Jeremstar se confie sur le drame de sa vie

Ph. D.R.

Victime d’une campagne de cyberharcèlement suite à de fausses accusations d’agressions sexuelles sur mineurs relayées par un internaute, Jeremy Gisclon, alias Jeremstar, revient sur cette année qui a changé sa vie. Tout en se confiant sur ce que l’on appelé le «JeremstarGate», il évoque désormais son nouveau combat : la lutte contre le harcèlement scolaire et numérique.

Cela fait un an que vous avez disparu de la vie publique. Comment vous sentez-vous aujourd’hui avec la sortie de votre ouvrage?

«Je me sens un petit peu soulagé puisque je peux enfin livrer la vérité. J’ai choisi de sortir ce livre parce que j’ai attaqué en justice mes cyberagresseurs. C’est un peu une thérapie même s’il reste encore des séquelles. Ça restera le drame de ma vie, une agression extrêmement violente qui m’a plongé dans une tristesse profonde.»

Où est ce que cela en est après le dépôt de votre plainte?

«Les cyber agresseurs, la personne qui a déposé une fausse plainte et les médias que j’ai attaqué sont mis en examen. De mon côté, je ne serai jamais blanchi étant donné qu’il n’y aucune poursuite, je n’ai jamais été entendu par la justice, même pas en tant que témoin à propos des horreurs qui ont été balancée à mon sujet.»

J’avais participé à ce système de délation qui a fini par me broyer

Vous dites être «la première victime d’un monde que vous avez contribué à alimenter ». Ce livre c’est une sorte de mea culpa?

«Oui, je me suis rendu compte, après ce qu’il m’est arrivé, que j’avais participé à ce système de délation qui a fini par me broyer puisque je donnais la parole à des candidats qui s’insultaient et balançaient les uns sur les autres. Mea culpa, ce que je proposais aux jeunes c’était de la merde. Certes ça rapportait de l’argent, je ne cracherai jamais là-dessus, mais aujourd’hui j’ai envie d’élever la jeunesse vers mon combat contre le harcèlement scolaire ou numérique. J’ai beaucoup muri avec cette histoire et j’ai décidé de stopper définitivement ce créneau putassier».

Vous déplorez le rôle qu’ont joué les réseaux sociaux dans cette histoire. Pourquoi continuez-vous à les utiliser aujourd’hui?

«Ça serait hypocrite de dire que je n’ai pas besoin des réseaux sociaux. Je suis né sur les réseaux sociaux. Qui mieux que moi du coup pour en pointer les dangers. Mon message est simple : ‘utilisez les réseaux sociaux, mais ne partagez pas les informations dont vous n’êtes pas sûrs de la véracité parce que c’est participer à une certaine forme de harcèlement numérique’.»

Vous avez l’air de continuer à chercher une reconnaissance auprès de votre communauté de Jeremstarlettes.

«Dans les moments de doute je me suis toujours tourné vers ma communauté. La seule chose qui me remonte le moral, et qui me fait aller de l’avant, c’est le fait d’avoir des messages de ceux qui me soutiennent.»

Ce n’est pas à double tranchant?

«Oui c’est sûr, mes bourreaux ne sont ni plus ni moins que des gens qui me suivaient, des fans qui ont analysé et étudié tout ce que j’ai pu faire en essayant de le reproduire de manière beaucoup plus trash et violente. C’est là que j’ai un rôle à jouer aussi avec ce que je vais véhiculer maintenant.»

Vous comptez arrêter les sites people du coup?

«Oui, je n’ai plus publié mes exclus sur Jeremstar.fr et je ne fais plus d’interviews baignoire depuis un petit moment. Je ne peux pas me battre contre le harcèlement numérique et continuer à participer à un système dégueulasse en balançant des choses. Mon site gossip.fr est en cours de rachat.»

Vous avez d’ailleurs décidé de lancer un autre site appelé harcelement.online.

«J’ai lancé cette plateforme pour pouvoir encadrer de manière plus facile les jeunes qui ne savent pas qui appeler et qui n’osent pas en parler. C’est une plateforme de discussion anonyme où ils vont pouvoir s’exprimer. Je publierai personnellement mes vidéos et chaque jour je prendrai également un moment pour répondre aux jeunes qui souffrent de harcèlement numérique ou scolaire.»

La justice n’est pas assez efficace selon vous sur ce genre de problème?

«C’est encore très lent et délicat d’aller dans un commissariat en expliquant à un policier que des choses sur nous circulent sur internet. En plus, ils confondent toutes les plateformes de réseaux sociaux. J’ai l’impression que le personnel policier n’est pas assez formé aux problématiques numériques. Le harcèlement numérique mérite qu’on agisse immédiatement.»

Quel message voulez-vous passer à ceux de votre communauté qui pourraient être victimes de harcèlement?

«Je voudrais leur dire que j’étais au fond du trou, je n’avais plus envie de me battre, mais j’ai su rebondir. Personne ne doit perdre confiance en soi. Ce n’est pas nous le problème, il ne faut jamais se laisser déstabiliser. Parlez-en, le dialogue est extrêmement important, mais ne laissez jamais personne vous humilier, vous écraser. Vous êtes tous unique et vous valez tous le coup de vous battre.»

Laura Sengler