« Let’s Dance » : un « Step Up » à la française avec Rayane Bensetti

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Faites place au nouveau beau gosse de la comédie française! Repéré à la télé (‘Joséphine ange gardien’, ‘Danse avec les stars’) avant de bifurquer vers le cinéma, Rayane Bensetti (‘Tamara’, ‘La Finale’) s’installe sur le devant de l’affiche avec ‘Let’s Dance’, un film sur le hip-hop made in France. Souriant, bavard, il semble profiter de chaque instant de cette carrière naissante. Rencontre!

‘Let’s Dance’ suit le parcours de Joseph, un danseur de hip-hop. Vous connaissiez bien cet univers?

Rayane Bensetti: «Mieux que le ballet (rires)! Je connaissais un peu le Pockemon Crew, le groupe de Brahim Zaibat, qui joue aussi dans le film. C’est pas un truc réservé aux Américains, en fait. Franchement, faut aller voir les battles, c’est un truc de ouf. Ça peut monter jusqu’à onze danseurs par équipe. Et quand ils s’y mettent, tout le monde est synchro.»

Votre film de danse préféré avant ’Let’s Dance’?

«‘Street Dancer’! J’ai a-do-ré. Je commençais à faire un peu de télé quand je l’ai vu, et je me suis dit que si un jour j’arrivais à faire du cinéma, j’aimerais bien que ce soit dans ce genre de films.»

Eh bien bravo, c’est fait!

«Oui, c’est coché dans la liste de mes rêves (rires)

C’est vrai qu’on est plus habitués à voir ce type de films aux États-Unis.

«Pourtant, il y a plein de films de danse qui ont été faits. La confrontation du break et de la danse classique, ce n’est pas nouveau. Dans un film d’horreur, t’as forcément un couteau et une gorge tranchée. Les codes, ici, c’est la danse en équipe, la rencontre amoureuse, et bien sûr le grand show final. Mais on n’a rien à envier aux Américains, parce qu’on a des chorés de dingue, et l’histoire est très différente, avec moins de clichés. Il n’y a pas de bisous sur le toit, sous la pluie, tout ça. Au lieu de parler d’une comédie romantique classique, on parle plutôt de la naissance d’un artiste. Quelqu’un qui arrive à la capitale et qui s’ouvre pour prendre confiance.»

Un écho à votre parcours d’acteur?

«Oui, enfin ça peut parler à tout le monde qui bosse dans le sport, dans la musique, dans le cinéma. Quand t’arrives dans une ville qui n’est pas la tienne, avec dix mille personnes qui veulent faire ce que toi tu veux faire, tu dois trouver des trucs pour sortir du lot. Ça parle de ça, et des crises pour y parvenir aussi.»

Comment êtes vous devenu acteur?

«Harry Potter! L’envie, elle est venue de là! Un jour, je suis tombé sur le making of, et j’ai vu qu’il n’y avait pas de parties de quidditch (jeu populaire de la saga, NDLR), pas de chien à trois têtes, mais des fonds verts partout. J’étais hyper déçu! Mais en même temps ça m’a ouvert les yeux. J’ai adoré comprendre ces effets spéciaux, et je me suis dit que je rêvais de faire un truc comme ça. Et puis j’ai eu l’occasion de faire une série qui s’appelait ‘Mystère à la colo’. On a tourné pendant deux semaines sur une petite île, et en rentrant je savais que je ferais ça toute ma vie. Le cinéma, c’est tout ce que j’aime.»

En 2014, vous êtes sorti vainqueur de l’émission ’Danse avec les stars’. Ça vous a donné l’assurance nécessaire pour ’Let’s Dance’?

«Non, disons que ça a plutôt créé la logique. Je savais bien qu’après ’Danse avec les stars’, les gens m’attendraient un peu là-dedans, que ce serait l’occasion de rallier les deux passions. Maintenant c’est fait, et je peux tourner la page.»

Même si on vous propose une suite?

«Bon… alors tourner la page, mais pour un autre chapitre (rires)! Honnêtement, si je redanse, ce ne sera que pour ’Let’s Dance 2’!»

Ça fait quoi de partager l’affiche avec de noms comme Line Renaud ou Guillaume de Tonquédec (‘Le prénom’, ’Fais pas ci, fais pas ça’)?

«Line, j’avais déjà joué avec elle il y a dix ans, elle jouait ma grand-mère dans un téléfilm. On était juste trop heureux de se retrouver. Et Guillaume, on s’est connus sur le tournage. C’est dur de réussir une scène avec lui, tellement il te fait marrer.»

Il vous a pris sous son aile?

«Pas vraiment. Mais j’ai vécu ça avec Thierry Lhermitte sur le tournage de ’La Finale’. Ici, on m’a fait confiance et j’ai réussi à assumer le poids du film sans avoir besoin d’aller chercher de la force chez les autres acteurs. Mais on a partagé du plaisir, ça oui. Que du kif!»

Stanislas Ide

En quelques lignes

Joseph (Rayane Bensetti) arrive à Paris pour tenter sa chance dans l’univers du hip-hop, mais avec un sérieux manque d’assurance. Lâché par sa copine, il se réfugie avec son pote Karim chez un prof de ballet (Guillaume de Tonquédec), lui aussi en pleine remise en question. Ça fait du bien de voir le cinéma français s’attaquer au genre de la comédie hip-hop, jusqu’ici réservé aux Américains. Les codes sont respectés à la lettre: une compétition de danse, une rencontre amoureuse, vous connaissez la rengaine. Rayane Bensatti porte fièrement le film, mais se fait presque voler la vedette par le nouveau venu Mehdi Kerkouche. Celui-ci enchaîne les meilleures vannes du film, et s’impose loin de tout cliché dans le rôle du meilleur pote homo. Le petit problème, c’est l’histoire d’amour avec la belle Chloé. On n’y croit pas vraiment, au point de plomber la seconde moitié du film. Petite déception aussi face au grand show final, sacrifié dans un montage confus, loin de l’énergie fracassante à laquelle nous ont habitués des films comme ‘Step Up’ ou ‘Save The Last Dance’. N’empêche, le film plaira aux amateurs du genre, et ose ouvrir une porte sans s’excuser d’être là. 2/5