L’UE va suspendre temporairement ses opérations de sauvetage en Libye

AFP / B. Horvat

L’Union européenne va suspendre temporairement ses opérations de sauvetage de migrants au large des côtes libyennes, ont indiqué plusieurs sources européennes mardi soir. Ses États membres ne parviennent pas à se mettre d’accord sur une nouvelle répartition des passagers secourus.

L’opération Sophia, qui vise à démanteler les réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains, ne surveillera donc plus la région que depuis le ciel. La formation des garde-côtes libyens continue, en revanche.

L’Italie, qui mène une politique migratoire particulièrement dure depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement populiste, s’oppose à la poursuite des actions de sauvetage. Elle a d’ailleurs interdit plus d’une fois l’accès à ses ports aux navires qui transportaient des réfugiés secourus en mer méditerranée. La décision de suspendre les opérations a été prise mardi soir après plusieurs heures de négociations au sein du Comité politique et de sécurité du Conseil européen, selon ces sources. L’interruption devrait durer six mois mais peut encore être bloquée mercredi après-midi si un État membre pose son veto. Ce scénario semble toutefois peu probable.

Le gouvernement de Matteo Salvini (extrême-droite) et de Luigi Di Maio (antisystème) réclame de nouvelles règles de répartition depuis des mois. Selon les normes actuelles, tous les migrants et réfugiés sauvés sont exclusivement débarqués en Italie. Des pays comme la Hongrie et la Pologne refusent cependant d’adhérer à la répartition exigée par Rome. La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini presse depuis plusieurs mois les pays membres de s’entendre pour assurer la poursuite de l’opération Sophia. Elle souligne la baisse de plus de 80% du nombre de migrants qui entrent illégalement en Europe, notamment grâce à la formation dispensée aux garde-côtes libyens.

Près de 50.000 migrants ont été débarqués en Italie depuis le début de l’opération Sophia, en 2015.