Le mégot, un pollueur-tueur

AFP / J. Saget

Pour grand nombre de fumeurs, jeter son mégot à terre n’est ni plus ni moins un geste banal. Et pourtant, ces restes de cigarette qui jonchent les trottoirs, les quais de gare, les parcs ou encore les plages sont des désastres environnementaux.

Véritable fléau pour l’être humain, avec près de sept millions de morts par an, la cigarette est également nuisible pour la faune et la flore. 137.000 mégots sont jetés par terre chaque seconde dans le monde, soit 4.300 milliards par année. Une pratique quotidienne et habituelle pour de nombreuses personnes qui a pourtant une répercussion non négligeable sur notre environnement. Il faut en effet 12 ans avant qu’un mégot ne disparaisse complètement.

Par ailleurs, les mégots constituent une véritable plaie pour la société puisqu’ils représentent 2,3 millions de tonnes de déchets, selon Conso Globe. 32 millions de mégots ont ainsi été ramassés sur les plages du monde lors des 32 dernières années, rappelle de son côté la société Cigarette Butt Pollution Project. En octobre dernier, la ville de Bruxelles sollicitait à ce propos l’industrie du tabac pour financer les frais liés à la collecte des mégots de cigarettes dans les rues. En Belgique, bien que cet acte soit passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 100 euros, dix millions de mégots sont jetés chaque jour.

Un déchet toxique

Les mégots sont loin d’être sans danger puisqu’ils contiennent près de 4.000 substances chimiques et représentent 209.000 tonnes de déchets chimiques rejetés dans la nature, selon les chiffres de Conso Globe. Et pour cause, le mégot de cigarette, outre le reliquat de tabac et le papier (contenant également des substances chimiques), est composé d’un filtre fabriqué à base d’acétate de cellulose, un plastique dont les fibres sont traitées avec du dioxyde de titane et compactées par de la triacétine. Ce dernier joue également un rôle filtrant en retenant les éléments toxiques de la cigarette.

«Ici commence la mer»

Véritable pollueur en puissance, un seul mégot suffit pour polluer un m³ de neige et plus de 500 litres d’eau. Emportés par la pluie et le vent, ou jetés dans les égouts, les mégots sont acheminés dans les cours d’eau, les fleuves, les rivières et terminent leur périple dans les océans. Selon une étude publiée par NBC News en août dernier, ils sont d’ailleurs les polluants les plus néfastes aux océans.

D’après une autre étude de l’université de San Diego, aux États-Unis, un seul mégot de cigarette dans un litre d’eau libère assez de toxines pour tuer la moitié des poissons d’eau douce, et salée, qui y sont exposés. Comme le rappelle NBC News, «ces déchets se désintègrent également en ‘microplastiques facilement consommables par la faune sauvage». L’étude rajoute également que des traces de ces détritus ont été retrouvées dans environ 70% des oiseaux marins et 30% des tortues de mer.

 

Objectif: 500.000 mégots en moins

Le 21 avril 2018, 220 volontaires se rassemblaient pour ramasser 240.000 mégots à Bruxelles suite à l’appel de l’initiative citoyenne bruxelloise Leo Not Happy. Cette année, un nouvel objectif de 500.000 mégots a été fixé à la date du 27 avril prochain.

En collaboration avec la commune de Saint-Gilles, d’Etterbeek et la ville de Bruxelles, l’événement espère rassembler le plus de monde possible pour la bonne cause. Que ce soit place Jourdan, au Parvis de Saint-Gilles ou à la Place de la Monnaie, des bénévoles fourniront aux volontaires, inscrits au préalable via email, le matériel nécessaire au ramassage. Des milliers de cendriers de poche seront également distribués afin de sensibiliser les fumeurs et réduire le nombre de détritus en rue.

Plus d’informations sur l’événement Facebook ‘Objectif: Ramasser 500 000 mégots à Bruxelles!

Laura Sengler