L’empreinte belge sur la déforestation dans le monde toujours plus importante

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AFP / C. Bouroncle

Les surfaces mobilisées dans le monde pour le bois, le soja, le bœuf, le cacao, l’huile de palme, le café et le caoutchouc importés en Belgique équivalent à plus de trois fois la superficie du pays.

Cette empreinte a bondi de 30% entre 2013 et 2017, ressort-il d’une étude publiée jeudi par le WWF. Or 40% de ces importations proviennent de pays « ayant un risque de déforestation élevé ou très élevé ».

Les importations belges de sept matières premières liées à la dégradation des forêts représentent 10,4 millions d’hectares par an, dont un tiers est destiné à la consommation belge (le reste étant réexporté). Un peu moins de la moitié, soit 4,2 millions d’hectares, sont situés dans des pays à haut niveau de déforestation, d’après l’étude réalisée par le cabinet 3Keel pour le WWF-Belgique.

Causes principales

En cause principalement: le soja brésilien et argentin, le cacao ivoirien, l’huile de palme indonésienne ainsi que le bois et la pâte à papier provenant de Russie. Le soja à haut risque de déforestation importé en Belgique représente à lui seul près de 1,3 million d’hectares. Cette légumineuse sert principalement pour l’alimentation animale mais une part croissante est dédiée à la production d’agrocarburants.

Demande de législation

Le rapport ne permet pas de savoir combien d’hectares ont effectivement été déforestés pour les importations belges, mais, dans les pays pointés, « la destruction de forêts et de savanes naturelles riches en biodiversité au profit de l’agriculture ou de la coupe de bois est largement documentée et souvent associée à des faits de corruption, d’accaparement de terres, de non-respect des droits des peuples autochtones et de violation des droits des travailleurs », précise le WWF.

L’association environnementale demande aux pouvoirs publics de soutenir « une loi européenne contre la déforestation importée » et de mettre en oeuvre une stratégie nationale. Les entreprises devraient exiger « une production zéro déforestation ». Quant aux consommateurs, ils manquent d’informations mais peuvent néanmoins agir en privilégiant la viande issue d’un élevage local, biologique et extensif, les produits de deuxième main ou recyclés ainsi que ceux issus du commerce équitable.