L’étude du sous-sol de la Grand-Place de Bruxelles livre ses premiers résultats

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Les chercheurs qui ont scanné le sous-sol de la Grand-Place ont présenté mardi soir, à l’hôtel de ville de Bruxelles, les résultats de leurs premières analyses. Les chercheurs du CReA-Patrimoine, avec la collaboration de chercheurs français et italiens, ont arpenté en mai 2018 la Grand-Place et les rues voisines pour scanner le sous-sol archéologique au moyen de deux techniques non-invasives, à savoir le radar-sol et la prospection électrostatique. Ces nouvelles techniques ont permis de réaliser une cartographie tridimensionnelle des structures et des objets enterrés sous le cœur historique de Bruxelles.

Les images récoltées permettent de distinguer un très grand nombre de structures souterraines, correspondant à différents stades du développement de la place. Elles fournissent des informations sur sa formation au Moyen Âge et sur son évolution jusqu’aux époques moderne et contemporaine. « Ces données viennent compléter les quelques sources écrites et iconographiques qui sont conservées dans les centres d’archives et ça redonne du sens, une sorte de genèse de cette place pour laquelle on n’avait pratiquement aucune donnée », explique François Blary, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie du Moyen Age à l’Université libre de Bruxelles (ULB).

Les chercheurs ont notamment identifié différents réseaux enfouis (adductions d’eau et assainissements notamment) et les emplacements des différentes fontaines qui ont orné la place entre le 14e et le 17e siècle. Ils ont également retrouvé des structures d’habitat médiéval antérieures à la constitution de ladite place. Avant le bombardement de 1695 par les troupes françaises du roi Louis XIV, « la place était plus petite, ce qui fait que les traces des maisons conservées dans la place sont parfaitement visibles », continue François Blary. « C’est une place qui a été élargie. Les deux « éléments-piliers », que sont la Maison du Roi et l’Hôtel de Ville, ont été parfaitement conservés dans leurs emplacements, mais le reste a été entièrement modelé. On a longtemps cru que l’ensemble avait été reconstruit intégralement après 1695, mais beaucoup d’éléments d’élévation des constructions médiévales ont été intégrés dans la reconstruction. En fait, on a surtout traité les façades pour les rhabiller complètement, mais sur des maisons médiévales qui, pour certaines, ont été conservées en élévation ».

Les résultats seront prochainement publiés dans des articles scientifiques. Le CReA-Patrimoine est le Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine qui fédère l’ensemble des programmes de recherche de l’Université libre de Bruxelles (ULB) dans les domaines de l’archéologie et du patrimoine.

Source: Belga