En échange du loyer, des propriétaires demandent des rapports sexuels non protégés

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Ph. pixabay

Selon les résultats d’une enquête publiée au Royaume-Uni, de nombreux propriétaires proposeraient un logement gratuit en échange de faveurs sexuelles.

Un quart de million de femmes auraient déjà été victimes d’une proposition de rapports sexuels en échange de leur loyer selon les résultats d’une enquête réalisée par le Daily Mail. Pour vérifier ces allégations, des journalistes se sont fait passer pour des femmes ayant des difficultés à payer leur loyer et étant à la recherche d’un logement. Les reporters ont été inondés d’une série de messages explicites d’hommes de tout le pays après avoir répondu à des annonces de chambres « gratuites ».

De nombreux emails envoyés par les propriétaires comportaient des propositions d’actes sexuels en échange de leur logement. Selon les propos retenus dans les courriels, certains propriétaires proposaient des rapports oraux pour « briser la glace » tout en qualifiant les rapports sexuels non protégés quotidiens comme un « must » dans la transaction. « J’aime l’idée du risque de grossesse », aurait témoigné l’un d’entre eux à une journaliste alors qu’un autre offrait une chambre dans sa maison de Rayleigh en échange de « quelques soirées amusantes ». Des transactions qui sont d’ailleurs passibles d’une peine allant jusqu’à sept ans de prison comme le rappel le Crown Prosecution Service en vertu de la Sexual Offences Act de 2003 au Royaume-Uni.

Des victimes en état de faiblesse

De nombreux propriétaires ont par ailleurs fait le choix de cibler les étudiantes qui cumulent la difficulté de payer leurs études tout en finançant un logement. « C’est horrible que les jeunes femmes, et les jeunes hommes, aient à choisir entre être sans abri ou avoir des relations sexuelles avec un type bizarre », a déclaré Jennie Biddings, directrice de campagne chez Shelter Cymru, une association militant pour le droit à un logement décent et sécurisé.

Le député travailliste de Hove, Peter Kyle, a tenu à rappeler qu’il s’agissait de proxénétisme. Pourtant, dans l’état actuel de la loi, les victimes de rapports sexuels contre rémunération doivent prouver qu’elles ont été forcées de se prostituer afin d’obtenir une condamnation de leur bourreau.

De leur côté, les propriétaires aux propositions indécentes, dont les noms ont été révélés par les journalistes, se sont défendus de toute infraction. « Il ne s’est rien passé, pourquoi cela serait-il illégal ? […]C’est un logement pour venir en aide aux gens, une faveur pour une faveur », s’est défendu l’un d’entre eux.