Des milliers de manifestants pour le climat

Belga / Paul-Henry Verlooy

Quelque 30.000 personnes, selon la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles, ont défilé dans les rues de la capitale vendredi à l’occasion de la grève internationale pour le climat, « Global strike for future », initiée par les jeunes du monde entier de « Youth for Climate », ayant emboîté le pas à la Suédoise Greta Thunberg.

« There is no time to waste », « Act now together », pouvait-on lire sur certaines pancartes, majoritairement en anglais, en tête de cortège. Encerclée par les caméras, Anuna De Wever, la figure de proue du mouvement Youth for Climate, a qualifié d’historique cette journée de mobilisation mondiale. « Il s’agit d’un signal très fort. Des actions sont menées dans plus d’une centaine de pays. Le mouvement continue de croître », s’est-elle félicitée.

Parmi les manifestants, élèves de secondaire et étudiants du supérieur, devenus coutumiers des rassemblements pour le climat, côtoient cette fois-ci leurs aînés, rassemblés sous les étendards des mouvements « Grands-Parents pour le climat », « Teachers for Climate », ou encore des associations de la société civile comme le CNCD.11.11.11, Greenpeace, Oxfam, Natagora, Amnesty International, Fian et bien d’autres.

Les syndicats colorent également la foule, avec une prédominance de rouge et de vert. Même si ceux-ci n’ont pas déposé de préavis de grève générale comme l’avait souhaité le mouvement « Youth For Belgium », la plupart soutiennent la manifestation à des degrés divers.

3.300 participants à Louvain-la-Neuve

La marche organisée à Louvain-la-Neuve dans le cadre de la grève mondiale en faveur du climat a rassemblé environ 3.300 personnes, d’après les organisateurs. De nombreux élèves des classes secondaires ainsi que des étudiants du supérieur étaient présents, mais aussi le personnel académique, des écoliers de primaires, des parents et des grands parents.

Sur la place de l’Université, après un concert d’Edouard Priem -à qui l’ont doit la chanson « Louvain-la-Neuve »- les organisateurs ont notamment fustigé l’inaction du monde politique ainsi que le rôle joué par les multinationales.

« Les politiques essaient de nous récupérer. Les multinationales essaient de nous calmer avec des pétitions bidons. Ils essaient aussi de nous faire croire que le problème, c’est le gilet jaune qui prend sa voiture pour aller au travail. Nous sommes jeunes mais pas stupides: nous savons que les solutions individuelles ne suffisent pas », indiquait par exemple au micro une étudiante de 5e secondaire d’une école néolouvaniste.

Lors des prises de paroles, les organisateurs ont également insisté sur la nécessité de conjuguer justice sociale et justice climatique, et ils ont appelé tous les participants à poursuivre le mouvement et à continuer les actions directes, face à des décideurs qui depuis des semaines, auraient « surtout choisi l’inaction ».

Une « crise existentielle »

Greta Thunberg: le thème climatique est une "crise existentielle"
AFP / Pontus Lundahl

« Nous sommes face à la plus grande crise existentielle que l’humanité ait connu et pourtant on continue à la nier », a déclaré la jeune activiste suédoise Greta Thunberg à Stockholm devant des milliers d’étudiants -10.000, selon elle- qui se sont réunis vendredi pour manifester à l’occasion de cette journée mondiale de grève pour le climat.

L’adolescente de 16 ans estime que la crise climatique est la responsabilité des générations précédentes. « Nous n’avons pas contribué à cet état de fait. Nous sommes nés dedans et devrons passer toute notre existence à le subir », affirme-t-elle. « C’est pourquoi nous manifestons. Et que nous allons continuer à le faire ».

La jeune fille avoue ses frustrations quant à la minimisation du problème, dans une interview accordée à la chaîne publique SVT. « En principe, tout doit changer: la façon dont nous réagissons à cette crise, notre mode de vie et la manière dont fonctionne notre économie. Nous devons aborder le sujet comme une crise. Actuellement, le climat est considéré comme important, entre autres choses. Nous devons nous défaire de cette attitude ».

150.000 manifestants en Australie

Quelque 150.000 personnes, dont beaucoup de jeunes, ont manifesté vendredi dans plus de 50 lieux différents en Australie. On a ainsi dénombré 20.000 manifestants à Sydney. Mais les gens se sont aussi réunis à Canberra, Brisbane, Melbourne et Perth.

Des manifestations importantes ont également eu lieu notamment au Japon, en Inde, en Indonésie, en Corée du Sud, à Hong Kong, en Nouvelle-Zélande et même à Vanuatu.

Plusieurs pays africains sont également mobilisés, notamment en Afrique du Sud, au Nigeria et à Madagascar.