La ruche, cette usine à bien-être

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Photo Pixabay

Miel, pollen, gelée royale, cire, propolis… L’homme fait tellement de mal aux abeilles, alors qu’elles nous offrent tellement de bien. Et nous en connaissons ses bienfaits depuis près de 40.000 ans. Les Romains appelaient d’ailleurs le miel le « nectar des Dieux », tandis que les anciens Grecs évoquaient une « rosée céleste ».

Ce symbole solaire dans le culte de Mithra est également célébré dans les trois grands cultes monothéistes. Il est douceur dans le judaïsme, parole de dieu chez les chrétiens, et un aliment du paradis dans le Coran. On retrouve ses vertus jusque dans le « Traités des affectionsé d’Hippocrate. S’il n’est pas un produit miracle, il n’en est clairement pas loin.

Le miel

Le miel, c’est de l’énergie à l’état pur. Cette substance fabriquée par les abeilles grâce au nectar des fleurs est composée à 80% de glucides, dont le glucose et le fructose. Mais cet aliment directement assimilé par le corps recèle également du potassium, des antioxydants, du phosphore, des vitamines B2, B6, B9 et C, ainsi que des fibres. C’est dire s’il est un coup de booste lors d’une grosse fatigue, tout en renforçant notre système immunitaire.

Par ailleurs, les flavonoïdes qu’il contient, participent à la neutralisation des radicaux libres du corps, et nous aident à prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Pendant des siècles, il fut également utilisé comme produit cicatrisant car il permet à la fois aux cellules de se régénérer, tout en freinant la prolifération des bactéries.

Parmi les miels les plus réputés, on cite régulièrement le miel de romarin, de sapin des Vosges, du Yémen ou le très exclusif miel de Pitcairn. Mais il ne faut pas aller aussi loin pour en profiter. D’ailleurs, à chaque miel ses bienfaits. Pour le sommeil, on se tournera vers l’acacia, pour la toux vers la lavande, pour la circulation sanguine vers le châtaignier, pour la digestion vers le sarrasin, tandis que les sportifs combattront leur cholestérol avec le miel de colza.

Mais, comme dans bien des domaines, il doit être consommé avec modération, car au final, cela reste quand même un sucre.

La gelée royale

Destinée à l’origine à l’alimentation des larves, la gelée royale est une substance blanchâtre sécrétée par certaines glandes de jeunes abeilles nourricières. Son pouvoir est bien connu de la médecine naturelle chinoise qui a fait d’elle un élément essentiel pour retrouver une vigueur sexuelle tout en espérant une vie longue et tonique.

Sa consommation ne doit, par contre, pas se faire à la légère. Au début, en tout cas. Son fort potentiel allergène impose de petites quantités en guise de test, avant de passer à des doses plus fortes. On recommande généralement de ne pas dépasser les 300 à 750 mg de gelée royale fraîche ou 100 à 250 mg lyophilisée par jour. Les femmes enceintes doivent en outre l’éviter.

La gelée royale est en tout cas une fantastique fontaine d’acides aminés, de magnésium, de vitamine B et d’oligo-éléments. Si son influence sur le système immunitaire est bien connue, on sait moins qu’elle est très prisée par les femmes en période de ménopause car elle stimule la production d’œstrogènes tout en agissant sur l’équilibre hormonal.

C’est également une substance antistress qui agit sur le système nerveux dont les propriétés euphorisantes peuvent agir sur la déprime. Enfin, d’après une étude récente menée par des chercheurs japonais, la gelée royale aurait un effet très positif dans la lutte contre le mauvais cholestérol.

La propolis

La propolis est sans doute la moins connue des substances produites par les abeilles. C’est une résine qui protège les bourgeons et qu’elles récoltent lors du butinage afin de préserver leur ruche des infections. C’est dire à quel point on a là un antiseptique tout à fait naturel.

On la recommande en cas de rhume, de bronchite, de grippe, d’angine ou de sinusite car elle est riche en antioxydants, en phénols, en zinc, en sélénium, en flavonoïdes et en cuivre. Des éléments dont les vertus antibactériennes et anti-inflammatoires freinent la production de bactéries et de virus. On la trouve généralement en gélules, en pâte à mâcher ou en sirop.

Le pollen

C’est en butinant les fleurs que les abeilles récupèrent le pollen sous forme de pelotes. Elles le rapportent ensuite à la ruche pour l’utiliser comme nourriture. Le pollen d’abeilles, c’est de 30 à 55% de glucides, de 25 à 30% de protéines (idéal pour ceux qui ne consomment ni viande ni poisson) et d’acides aminés, de 1 à 20% de lipides, mais aussi de la vitamine B, du magnésium, du calcium, du cuivre, du fer, du potassium, du phosphore, etc. ainsi que des antioxydants.

Certains parlent même d’un « produit miracle », même si on en sait encore peu sur ses bienfaits. Outre son taux en protéines, indispensables aux tissus musculaires et aux os, et en vitamine B, qui prévient les inflammations et favorise la flore intestinale, le pollen reste un aliment très prisé des sportifs qui affirment qu’il améliorerait les performances physiques. Il reste toutefois une substance allergène qu’il faut manier avec raison.

Le pain d’abeille

Le pain d’abeille, c’est un peu un mélange de tout cela. C’est une nourriture destinée à certaines larves formée d’un mélange de pelotes de pollen, de miel et de ferments lactique. On y trouve à profusion des aminoacides, des oligo-aliments, des minéraux et des vitamines mais moins de protéines que le pollen.

Souvent utilisé pour des cures détox, ses effets sont multiples. Il aide à éliminer les toxines, il stimule le métabolisme, il régule la digestion, il restaure la flore intestinale et régénère le foie grâce à un effet hépatoprotecteur. C’est en outre un excellent antianémique tout en réduisant le taux de cholestérol.

La cire d’abeille

On connaît les vertus de la cire d’abeille depuis la nuit des temps. Cette substance sécrétée pour construire les rayons hexagonaux de la ruche est riche de près de 300 composants. C’est en cosmétique qu’elle est la plus utilisée, notamment dans des crèmes et des lotions qui permettent d’hydrater, d’adoucir et de lisser la peau.

Grâce à son taux en vitamine A, elle permet de protéger des agressions extérieures (froid, soleil, vent…) tout en soignant l’épiderme. Elle permet également une cicatrisation plus rapide grâce à ses vertus anti-inflammatoires. Ses vitamines E sont également très prisées dans les shampoings pour les chevelures qui ont un peu souffert.

Utilisée en massage, c’est aussi un agent amincissant car elle permet de tonifier la silhouette. Quant au baume à lèvres à la cire d’abeilles, il reste très hydratant pour notamment soigner les gerçures de l’hiver.

Pierre Jacobs