Les députés britanniques votent pour un report du Brexit

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Photo by PRU / AFP

Les députés britanniques ont adopté jeudi une motion du gouvernement prévoyant un report du Brexit ainsi qu’un nouveau vote sur l’accord de retrait de l’Union Européenne négocié par Theresa May avec Bruxelles, offrant une bouffée d’oxygène à la Première ministre.

À 15 jours de la date prévue du Brexit, les députés ont décidé son report par 412 voix, contre 202. La motion prévoit un court report, jusqu’au 30 juin, si les députés approuvent d’ici le 20 mars l’accord de retrait de l’UE de Theresa May, qu’ils ont déjà retoqué à deux reprises. Si l’accord est recalé à nouveau, le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera l’organisation des élections pour le parlement européen en mai.

Rejet massif d’un second référendum

Quatre amendements ont été soumis au vote hier soir dont un prévoyant l’organisation d’un second référendum. Mais les députés ont massivement rejeté cet amendement: 334 se sont prononcés contre et 85 pour, près de trois ans après le référendum de juin 2016 qui avait décidé du Brexit.

Malgré déjà deux défaites cuisantes subies sur le traité de retrait, laborieusement négocié avec la Commission, Theresa May veut donc le soumettre une nouvelle fois au vote des députés britannique d’ici au mercredi 20 mars, et plus probablement la veille.

Fidèle à sa réputation d’opiniâtreté et jouant la stratégie de la peur, elle espère encore pouvoir rallier les eurosceptiques de son Parti conservateur et les députés du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, son allié au Parlement, autour de ce texte qu’elle affirme être le seul à même de répondre au choix des Britanniques de quitter l’UE.

Un accord à l’unanimité

L’Union européenne a prévenu qu’une demande de report devait être justifiée et acceptée à l’unanimité par les 27 autres pays de l’UE, qui seront réunis en sommet les 20 et 21 mars à Bruxelles.

Hier, le président du Conseil européen Donald Tusk les a invités à être prêts à accorder «une longue prolongation» au Royaume-Uni s’il «accepte de repenser sa stratégie pour le Brexit et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci».