Le défi du XXIe siècle: davantage de femmes dans le secteur scientifique

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En 2019, les femmes sont encore toujours découragées de faire carrière dans les secteurs STEM (science, technology, engineering et mathematics). D’après l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), seuls 28 % des chercheurs scientifiques dans le monde sont des femmes. Metro a demandé à la Professeure Wendy Bohon, géologue et spécialiste de la communication scientifique, pourquoi les femmes étaient encore en minorité dans le monde de la physicienne Marie Curie et de la biologiste Jane Goodall.

« Malheureusement, le cliché du scientifique homme est encore toujours la norme !», répond la Professeure Bohon. Les chiffres de l’UNESCO confirment que dans un pays seulement sur cinq il y a autant de femmes que d’hommes qui travaillent dans le secteur scientifique. En Amérique latine, les femmes occupent près de 45 % des jobs dans la recherche scientifique. Néanmoins, tous les pays du continent n’atteignent pas la parité hommes/femmes. Dans d’autres parties du monde, les chiffres ne sont pas meilleurs. En Suisse, 34 % des scientifiques sont des femmes, en Allemagne 28 % et en France 27 %.

Au Japon, elles sont à peine 17 %. « Plusieurs formes de discrimination, comme un salaire inégal pour un travail égal, un congé parental insuffisant, des horaires de travail non flexibles, des stéréotypes liés au sexe et du sexisme sur le lieu de travail, retiennent les femmes d’entreprendre une carrière dans le secteur scientifique », explique Wendy Bohon.

Ce qu’on apprend jeune on le sait pour toujours

Le fossé entre les hommes et les femmes existe dès l’école. D’après une étude de l’UNESCO menée en 2016, les filles réussissent mieux au début de leur parcours scolaire dans les matières scientifiques. Néanmoins, par la suite, les garçons sont plus nombreux à opter pour des formations techniques en école supérieure ou à l’université.

L’absence de femmes dans le secteur scientifique est à imputer à une ségrégation horizontale et verticale. Dans le cas de la ségrégation horizontale, on attend des femmes qu’elles se consacrent à des thèmes « féminins ». De ce fait, les femmes seront moins nombreuses à développer leur intérêt pour les matières typiquement masculines, comme la science et la technologie. La ségrégation verticale fait en sorte que pour les femmes il n’est pas aussi facile que pour les hommes d’occuper une fonction de direction. Les femmes qui optent pour une carrière scientifique seront moins souvent publiées, recevront un salaire inférieur et auront moins vite une promotion.

« En raison de l’absence de modèles, de femmes servant d’exemples, beaucoup de filles ne se projettent pas comme scientifiques », poursuit Wendy Bohon. « De plus, leurs professeurs, leurs parents et les gens de leur âge serinent bien trop souvent aux jeunes filles que la science est réservée aux garçons. Elles se donnent dès lors moins pour ces branches à l’école, même si elles les apprécient.»

Des prix pour les femmes

Différents projets ont depuis vu le jour dans le but de donner un coup de pouce (scientifique) aux femmes. C’est ainsi que le géant de la cosmétique L’Oréal, par exemple, décerne, en collaboration avec l’UNESCO, des prix aux femmes exerçant une carrière scientifique.

Cecilia Martínez, Metro World News