Les ballons de baudruche sont mortels pour les oiseaux marins

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Ph. Lauren Roman

Tant appréciés par les enfants, les ballons de baudruche ont des effets dévastateurs sur les oiseaux marins. Une étude australienne a montré que le plastique mou de ces ballons était le débris le plus mortel pour les oiseaux.

Ce 1er mars, le travail de Lauren Roman, chercheuse à l’institut spécialisé dans l’étude du monde marin à l’Université de Tasmanie, en Australie, a été publié dans la revue scientifique Scientific Reports. La jeune femme a étudié les causes de la mortalité des oiseaux marins. Pour cela, elle a procédé à l’autopsie d’oiseaux retrouvés morts.

Un seul débris ingéré peut être mortel

« Parmi les oiseaux étudiés, la principale cause de décès était le blocage du tube gastro-intestinal, suivi par des infections ou d’autres complications causées par ces obstructions », a expliqué Lauren Roman. En analysant 1.733 oiseaux de 51 espèces, la chercheuse a constaté qu’un oiseau avait 20,4 % de probabilité de mourir après avoir ingéré un simple débris, 50 % après neuf débris et ce pourcentage atteignait 100 % après 93 débris.

Ph. Lauren Roman

Le danger des ballons de baudruche

Sa recherche a mis en évidence le danger des ballons de baudruche. Lâchés dans le ciel à de nombreuses occasions, beaucoup de ces ballons se finissent ensuite dans les océans. Ingérés par les oiseaux, leurs effets sont dévastateurs. « Bien que les plastiques mous comme ceux des ballons ne représentent que 5 % des débris ingérés, ils sont responsables de plus de 40 % des décès. Les ballons ou fragments de ballons sont les débris marins les plus susceptibles de causer la mort. Près d’un oiseau de mer sur cinq ayant ingéré ce type de plastique est décédé », a expliqué la chercheuse.

Une étape cruciale

Les résultats de cette nouvelle étude sont importants et les chercheurs australiens espèrent qu’ils entraîneront des mesures concrètes contre la pollution plastique et plus particulièrement contre les ballons de baudruche.

« Il s’agit d’une étape cruciale dans la mise en place d’actions visant à lutter contre la pollution plastique », a déclaré le docteur Chris Wilcox, co-auteur de cette étude. « Les preuves montrent clairement que si nous voulons empêcher les oiseaux marins de mourir d’ingestion de plastique, nous devons réduire ou éliminer les débris marins et en particulier les ballons de leur environnement », a conclu Lauren Roman qui a publié des photos des débris de ballons de baudruche retrouvés dans l’œsophage d’albatros.

Ph. Lauren Roman