Julie Taton : «Je pense que je suis plus cohérente et crédible aujourd’hui avec des émissions plus profondes»

86
Ph. Olivier Pirard

Pendant deux ans, les caméras de RTL ont suivi la vie de trois chirurgiens qui travaillent à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. L’occasion pour Julie Taton de s’essayer à la présentation d’une émission plus sérieuse.

❤️🏩👧🏽👦🏼

Posted by Hôpital des Enfants – Kinderziekenhuis on Friday, February 15, 2019

Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur cette nouvelle émission de RTL?

«‘Au cœur de l’hôpital des enfants’, c’est vraiment un format qui met en avant la vie au quotidien d’un hôpital, en l’occurrence celui des enfants ici à Bruxelles, à travers trois chirurgiens qui sont extraordinaires. On a voulu, avec nos caméras, faire vivre au téléspectateur leur quotidien, mais aussi l’importance du dialogue et de l’écoute entre les chirurgiens et les patients qui sont parfois tout petits. Il y a tout un respect pour l’être humain qui est très rassurant.»

Les enfants réagissent comment à la présence de caméras et de gens qui s’intéressent à eux?

«Plutôt pas mal. Il y a un rapport de confiance qui se crée entre les caméras et les enfants. À partir d’un moment, ces caméras font partie du quotidien. Notre équipe dialogue avec eux et pose beaucoup de questions. Les enfants sont mis dans une confiance plutôt saine et sereine. Cela offre des échanges très doux.»

Vous vous intéressez aussi à d’autres membres du personnel hospitalier?

«On s’intéresse à toute l’équipe: les anesthésistes, les infirmières, on voit même le travail extraordinaire des clowns qui viennent pour faire rire parents et enfants. C’est vrai que l’accent est un peu mis sur les chirurgiens mais eux disent aussi avec beaucoup d’humilité que sans leur équipe, ils ne savent pas faire grand-chose.»

Je suppose qu’on aura droit à de belles histoires, mais aussi des moins belles malheureusement.

«Oui, c’est la vie dans un hôpital. Nous, on a mis l’accent sur des enfants avec lesquels cela s’est bien passé. Du coup, c’est assez rassurant de voir qu’il y a des solutions et que l’encadrement est là. Mais on n’est pas là non plus pour tromper le téléspectateur et dès fois, ça se passe un peu moins bien.»

Quelque chose vous a marqué dans le fonctionnement de l’hôpital?

«C’est dur de ressortir une seule chose. C’est tellement impressionnant de voir ce que les chirurgiens font. C’est puissant de les voir tout en simplicité se charrier, faire des petites blagues, manger entre eux à midi puis aller ouvrir un cœur ou implanter une valve dans la foulée. C’est à la fois surréaliste et impressionnant. Cela permet de relativiser énormément et de se dire qu’on a de la chance d’être en bonne santé.»

Vous êtes vous-même maman et avez connu un accouchement compliqué. Est-ce que ça vous a permis de mieux comprendre la vie des enfants de l’émission?

«Je ne sais pas si mon expérience m’a vraiment aidée. Je pense que quand on est parent, on développe une sensibilité troublante et déstabilisante. Mais tous ceux qui regarderont l’émission ont été un jour un enfant et ça marque une personne à jamais. Après oui, personnellement, j’ai été touchée et émue, mais je pense que d’autres personnes le seront en regardant l’émission. Car elle est vraiment touchante. Ce n’est pas anxiogène, ni dans la provocation. On respecte vraiment les épreuves de vie des patients et il y a plein de beaux messages qui sont transmis.»

D’un point de vue personnel, on vous voit plus souvent à la présentation d’émissions plus légères. Cela représente un challenge pour vous ce type d’émission?

«Non pas vraiment. C’est juste que je suis les opportunités qui se présentent à moi. Cela fait 17 ans que j’ai commencé ma carrière à la télévision. Je pense que je suis plus cohérente et crédible avec des émissions plus profondes aujourd’hui que quand j’avais 20 ans. Je ne prends pas ça comme un challenge mais plutôt comme une jolie évolution.»

Clément Dormal