Un appel aux politiques pour plus de rail

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Ph. D.R

La plus grande œuvre d’art mobile au monde : Noah’s train, est arrivée aujourd’hui à Bruxelles, sa dernière destination. Cette initiative provient des entreprises et associations européennes du transport ferroviaire de marchandise. Elle a pour but de mettre en lumière la nécessité de développer le rail pour diminuer les millions de tonnes de CO2 produits chaque année, principalement par les camions.

Au sein du groupement d’entreprises « Rail Freight Forward », la Belge « Lineas », et un objectif commun très concret : faire passer de 18% à 30% la part du rail dans le transport total de marchandises d’ici 2030. Pourquoi ? Parce que le rail c’est neuf fois moins de CO2 produit par rapport aux autres modes de transport et six fois moins d’énergie consommée.

Une infrastructure sous-utilisée

Le transport de fret et de passagers produit annuellement 275 millions de tonnes de CO2. En 2030, si rien ne change, ce chiffre augmentera de 30%, explique Raphael de Visser, porte parole de Lineas : « Le transport de marchandises produit 10% du CO2 mondial. Et les camions sont responsables de 75% de ce chiffre. Or, l’infrastructure du rail est sous utilisée. Et nous pourrions, avec un minimum d’investissement, la développer facilement et rapidement », précise-t-il.

Lancer un défi aux politiques

« Tout le monde sait aujourd’hui que chacun devrait faire plus d’efforts pour utiliser les transports en commun. Pourquoi n’essaye-t-on pas en même temps de transformer l’industrie ? », se demande le porte-parole qui veut avec cette campagne lancer un défi aux politiques. « Nous aimerions par exemple que le gouvernement donne des subsides aux transporteurs pour qu’ils choisissent le rail au lieu des camions. Aujourd’hui, cela coûte cher et c’est pour cela qu’ils ne le font pas. Pourtant, ils sont demandeurs car les embouteillages leur coûtent très cher. On aimerait également plus d’investissement pour amener le rail jusqu’aux portes des grandes entreprises. »

L’art au service du climat

Le «Train de Noé» a quitté Paris il y a quelques jours pour sa destination finale, la gare de Schaerbeek. Le convoi climatique et artistique était parti de Katowice, en Pologne, le 14 décembre. Le Train de Noé a sillonné toute l’Europe via Vienne, Berlin, Paris… Dans chaque ville halte, ce train, composé de wagons de toutes les compagnies partenaires, a servi de support à des artistes qui en ont progressivement fait «l’œuvre d’art mobile la plus longue au monde».

Noah’s train sera visible trois week-ends, les 23-24 février, 2-3 mars et 9-10 mars, de 9h à 18h en gare de Schaerbeek.

Lucie Hage

« Le transport maritime est responsable de 400.000 décès par an »

Transporter les marchandises d’un bout à l’autre de la planète sur un bateau, c’est bien beau mais ce n’est pas écolo ! Comme l’explique Faig Abbasov, spécialiste du transport maritime pour l’association européenne ‘transport et environnement’ : « Le transport maritime produit 17% du CO2 dans le monde. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pollution principale des bateaux ne joue pas sur l’eau mais sur l’air. Ce type de transports dégage beaucoup de souffre et de particules fines. Il est à l’origine de 400.000 décès par an pour cause de cancers et de maladies respiratoires, que l’on soit habitant des côtes ou même au milieu du continent car ces molécules se déplacent avec le vent. »

Mais attention, on peut difficilement faire des comparaisons avec le rail, nous dit le spécialiste, car il faudrait 150 km de wagons pour déplacer le même volume de marchandise que le plus grand porte conteneur du monde, déplaçant à lui seul, en une fois… 22.000 conteneurs. Et puis ce sont des moyens de transports complémentaires puisque le train ne peut aller partout. « Développer le transport par rail est une solution parmi d’autres, qu’il faudrait coupler avec un durcissement des normes du transport maritime car aujourd’hui ces standards sont 3500 fois moins exigeants que pour le transport routier. »