Climat: « Nous ne sommes pas pleins d’espoir », alerte Greta Thunberg à Bruxelles

216
AFP / A. Olkonomou

« Les gens nous disent qu’ils sont pleins d’espoir, pleins d’espoir que les jeunes sauvent le monde. Mais nous ne le sommes pas », a affirmé jeudi l’adolescente suédoise Greta Thunberg à Bruxelles.

« Il ne reste simplement plus assez de temps », a déploré l’activiste climatique, invitée à prononcer un discours au Comité économique et social européen à l’occasion d’une journée de débats intitulée « La société civile pour la rEUnaissance ».

Entourée d’autres jeunes inspirés par le mouvement des « grèves scolaires » pour le climat qu’elle a initié, dont les Belges Anuna De Wever, Kyra Gantois et Adélaïde Charlier, Greta Thunberg a imploré les dirigeants d’écouter les scientifiques. « La plupart des politiciens ne veulent pas nous parler. Bien. Nous non plus. Nous voulons qu’ils parlent aux scientifiques », a-t-elle lancé du haut de ses 16 ans.

Pour l’avenir du monde

La jeune femme a ensuite demandé à l’Union européenne de revoir à la hausse ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour sauver ce qui peut encore l’être et éviter les scénarios incontrôlables décrits par les experts du Giec si le réchauffement climatique dépasse 1,5°C.  Les objectifs actuels ne sont pas suffisants « pour protéger le futur des enfants qui grandissent aujourd’hui », a-t-elle plaidé devant le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. « Il faut moins 80% de gaz à effet de serre d’ici à 2030, il faut être deux fois plus ambitieux »,a assené l’adolescente.

« Ce n’est pas pour notre avenir que nous nous battons, c’est pour l’avenir de tout le monde », a insisté la militante, dont le visage entouré de deux tresses est devenu une figure mondiale de la lutte climatique. Pour l’écolière, ceux qui la décrivent comme une marionnette tentent seulement de détourner l’attention. « Si vous pensez que nous devrions être dans les classes, nous proposons que vous preniez notre place dans la rue », a-t-elle encore déclaré. « Dire que tout va bien en ne faisant rien, ce n’est pas acceptable. Se contenter d’attendre que l’espoir revienne, c’est une attitude d’enfant gâté. L’espoir est quelque chose qui se gagne. » « Nous avons commencé à nettoyer votre gâchis. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas fini », a-t-elle conclu, sous les applaudissements nourris de l’assemblée composée de représentants de nombreuses organisations européennes et devant une foule de journalistes venus spécialement pour l’entendre.

Un endroit pour s’exprimer

Invité à lui succéder au micro, Jean-Claude Juncker s’est réjoui que des jeunes se mobilisent pour le climat. « Jeune, moi aussi je me suis toujours engagé. Mais l’après-midi. Le matin j’allais à l’école », a-t-il glissé, tout en félicitant Greta Thunberg. Un euro sur quatre sera dédié au climat dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, a-t-il notamment mis en avant. Le CESE est un organe consultatif qui offre à la société civile européenne une plateforme officielle où exprimer ses points de vue sur les questions européennes. Des débats et tables rondes ont lieu toute la journée de jeudi à l’occasion de sa session plénière. Greta Thunberg a quant à elle quitté l’institution pour participer à la marche des jeunes pour le climat dans la capitale belge.