Grammy Awards: Childish Gambino et la country de Kacey Musgraves grands gagnants

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« This Is America »: les Grammy Awards ont fait dimanche la part belle à l’Amérique dans deux genres très différents, en célébrant le rap provocateur de Childish Gambino d’un côté mais en décernant de l’autre le titre d' »album de l’année » à la chanteuse country Kacey Musgraves.

Même si les stars du rap Kendrick Lamar et Drake, en tête en nombre de nominations, sont reparties sans récompense majeure, l’industrie du disque américaine a tout de même mis cette année à l’honneur les artistes féminins ou issus de minorités ethniques.

Childish Gambino, alter ego musical du comédien Donald Glover (« Atlanta »), a quant à lui raflé la mise dimanche soir: « enregistrement de l’année » et « chanson de l’année » pour son hymne politiquement incorrect « This Is America ». Hybride de gospel et de rap, truffé de pamphlets contre les excès qui secouent la société américaine, il a balayé les favoris Drake ou Lady Gaga. C’est la première fois dans l’histoire des Grammy Awards que ces deux prestigieuses récompenses sont accordées à un morceau de rap. L’artiste militant avait toutefois boycotté la cérémonie et n’avait pas réagi à ses récompenses dimanche soir.

Le clip accompagnant le tube a lui aussi été primé dimanche. Dans cette vidéo provocatrice, Childish Gambino dénonce le règne des armes à feu et du racisme dans le pays. Il a aussi eu la récompense de « la meilleure performance rap/chant ».

Les femmes en force

Kacey Musgraves est l’autre grande gagnante d’une soirée qui rappelle que les Grammy Awards restent une cérémonie fondamentalement américaine même si elle voit défiler des stars d’envergure internationale. La jeune femme a obtenu quatre prix au total, dont celui très convoité « album de l’année » pour « Golden Hour ». La frêle musicienne a devancé Cardi B, Janelle Monae et Brandi Carlile lors d’une édition des Grammys où les femmes avaient fait un retour en force après avoir été curieusement snobées l’an dernier, en plein mouvement #MeToo.

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La diva pop Lady Gaga n’a pas décroché de prix dans une catégorie majeure mais repart tout de même avec trois statuettes, dont deux pour « Shallow », la ballade romantique enregistrée avec Bradley Cooper pour le film « A Star Is Born », où elle joue également. Autre déçue de la soirée, la rappeuse gouailleuse Cardi B qui doit se contenter du Grammy du « meilleur album rap ». Sérieux prétendant au podium, Kendrick Lamar a échoué pour la quatrième fois dans la catégorie de « l’album de l’année » avec la bande originale du film « Black Panther ». Il repart avec le prix de la « meilleure performance rap » alors que Drake a « meilleure chanson de rap » de l’année grâce à son tube planétaire « God’s Plan ».

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Dans la catégorie « révélation de l’année », où six candidats sur huit étaient dans femmes, c’est la Britannique Dua Lipa, 23 ans, qui l’a emporté avec sa pop-électro sensuelle. Le grammy du meilleur album de rock est revenu à Greta Van Fleet pour son opus intitulé « From the Fires ». Ariana Grande a décroché celui du meilleur album vocal pop avec son « Sweetener ». The Carters (Jay-Z et Beyoncé) ont obtenu la récompense dans la catégorie meilleur album de musique urbaine contemporaine pour « Everything Is Love » et le grammy du meilleur album de R&B est revenu à H.E.R. avec « H.E.R. ».

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L’album « Colors » de Beck s’est vu attribuer le titre de meilleur album de musique alternative et « Freedom » du Soweto Gospel Choir celui de meilleur album de musique du monde. Au total, pas moins de 84 récompenses ont été décernées. La soirée a aussi été marquée par des numéros d’icônes de la musique américaine comme Dolly Parton (country) et Diana Ross, montée sur scène pour célébrer son 75e anniversaire.