Escape Room : Devinettes et morts en série dans le nouveau film d’Adam Robite

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Les escape rooms sont à la mode! Rien d’étonnant donc à voir débarquer un film d’horreur sur ces jeux d’équipe, où l’on vous enferme avec des amis dans une pièce dont vous devez vous échapper. Devinettes, pièges à gogo et meurtres sadiques, le réalisateur Adam Robitel (‘Insidious: The Last Key’) nous raconte comment tirer son épingle du jeu.

Combien d’escape rooms avez-vous visité pour vous lancer dans la réalisation de ce film?

Adam Robitel: «Je dois avouer que je suis un peu ringard. Je n’avais jamais été dans une escape room quand j’ai reçu le scénario. Je ne savais même pas ce que c’était! J’ai donc lu le script et puis j’en ai découvert une vingtaine. On a le choix à Los Angeles, il y en a plus de deux mille! J’ai très vite compris à quel point ces environnements sont visuellement intéressants pour le cinéma. Les meilleures ont une vraie direction artistique, comme lorsque j’ai été plongé dans un bunker de la guerre froide, avec des dossiers d’espions à fouiller, une énigme à résoudre, puis l’allumage d’une lumière noire qui révélait un masque caché sur le mur derrière moi. Vous voyez le délire. Ça m’a excité quant aux possibilités visuelles pour explorer ces espaces. Ces chambres sont un personnage en soi, avec différents visages.»

Vous avez gagné?

«Oh non, je suis nul. Je me tenais dans un coin et je regardais mes amis résoudre les mystères un à un (rires). Je me souviens d’une escape room où l’un des indices se trouvait sur un chat, qu’il fallait placer dans un micro-ondes pour le faire exploser (rires)! Bon, le chat était en peluche, mais quand même, ça montre à quel point on peut pousser l’expérience dans tous les sens. Et certaines sont littéralement tirées de scènes de films d’horreur. J’ai vu de tout: un mec enchaîné dans un coin qui prend vie peu à peu, une baignoire remplie de sang avec un indice au fond… Ça fait partie du fun, l’expérience devient immersive. C’est comme un jeu vidéo poussé à son paroxysme.»

Le film est rempli de clins d’œil à d’autres films d’horreur.

«Oui, on a caché des blagues et des références un peu partout. On a pensé à ’Cube’ bien sûr, ’Cabin in the Woods’, ’Final Destination’, ’Hellraiser’… La référence la plus forte pour ce film reste ’The Game’ de David Fincher. Et puis cette phrase latine ’acta est fabula’ qui surgit à la fin et qui signifie ’Game Over’ (rires). On s’est bien amusés.»

Vos personnages s’échappent d’un décor à l’autre pour survivre. Quelle était votre pièce préférée?

«Je les adore toutes mais la salle du billard était la plus folle à construire! Tous les éléments y sont accrochés au plafond. Il y avait des crochets partout mais il ne fallait surtout pas les voir. C’était un gros défi pour le petit réalisateur que je suis, et j’en suis très fier. Mais toutes les autres pièces étaient aussi drôles à concevoir. Comme le hall d’entrée, qui change graduellement de couleur pour faire comprendre aux joueurs que le jeu a déjà commencé, et qu’ils sont en fait à l’intérieur d’un four géant. Et la pièce psychédélique dans laquelle ils hallucinent tous. Chaque chambre a ses points forts. À vous de voir laquelle vous stimule le plus!»

Ça donne un ton original pour un film d’horreur.

«Exactement. La plupart des films d’horreur sont sombres et glauques, mais nous voulions faire un film visuellement étourdissant et joli. Un thriller fun et rempli de suspense, plutôt qu’un énième étalage de sang et de boyaux. J’adore les films de la série ’Saw’ mais quand on y pense, au-delà des morts très explicites à l’écran, c’est un thriller plus qu’un film d’horreur.»

Quel est le premier film d’horreur qui vous a marqué à vie?

«’Silent Night, Deadly Night’ (‘Douce nuit, sanglante nuit’ en français, NDLR) m’a vraiment traumatisé. En même temps c’est pas étonnant, ça parle d’un Père Noël qui viole des femmes sur une autoroute…»

Stanislas Ide

En quelques lignes

Vous êtes enfermé dans une pièce et pour parvenir à en sortir, vous devez résoudre des énigmes grâce à toutes sortes d’indices cachés. Et le temps vous est compté. Avouez, le concept d’une escape room est, en soi, le scénario d’un thriller. Surtout si vous y ajoutez que votre vie est en danger si vous ne résolvez pas l’énigme dans le temps imparti. Le cinéma d’horreur a déjà expérimenté avec cette idée à plusieurs reprises dans le passé -voir entre autres ‘Cube’ et ‘Saw’. ‘Escape Room’ y ajoute une variante supplémentaire (divertissante dans l’ensemble). La manière dont le réalisateur Adam Robitel présente les différents personnages est pour le moins maladroite, mais une fois que ceux-ci se retrouvent avec la première énigme sous les yeux, le spectateur est pris au jeu. Dans chaque nouvelle pièce qu’on découvre, le danger vient d’un autre angle, et on se surprend à se cramponner à son siège. Hélas, Robitel estime nécessaire de tout expliquer à la fin, alors que c’était justement le mystère sous-jacent qui permettait à ‘Escape Room’ de rester captivant durant tout ce temps. D’accord, il ouvre la porte à une suite, mais veiller d’abord à ce que votre film original soit le plus fort possible me semble une meilleure idée.(rn) 3/5