Le nesting ou l’art de rester chez soi

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Ph. D.R

On connaissait déjà le hygge, le bonheur à la danoise, voici son cousin, le nesting. Depuis quelques années, il vante les mérites du cocooning. Rester chez soi, c’est tendance !

Terminé les verres entre amis et les soirées en boîte le week-end, la tendance est plus que jamais au cocooning. Et cela porte un nom : le nesting (nid en anglais) ! Un thé, un plaid bien chaud et une série télé, voilà qui devient la norme tous les samedis soir d’hiver. On peut parler de la dernière saison de « Stranger Things » le lundi matin au boulot, tout en expliquant avoir confectionné soi-même de délicieux tapas végé !

Parce que le nesting, ce n’est pas que regarder la télé vautré dans son canapé. C’est aussi lire un roman, cuisiner, jardiner, décorer son intérieur, peindre ou encore tricoter. L’idée est de trouver du temps pour soi.

Les casaniers sont donc devenus « in » et peuvent désormais le crier haut et fort ! Si ne pas sortir le week-end était honteux il y a encore quelques années, c’est maintenant devenu totalement normal, et même plutôt cool ! Le JOMO « Joy of Missing out », c’est-à-dire la joie de passer à côté de quelque chose, a désormais surpassé le FOMO, « Fear of Missing out », la peur de manquer quelque chose.

Ph. D.R

Moins de stress

Mais quelles sont les causes de ce nouveau phénomène de société ? Le contexte politique, économique et environnemental y est pour beaucoup dans le succès de ce nouveau mode de vie. On a davantage besoin de se sentir en sécurité chez soi, de se constituer un havre de paix, un petit nid douillet, de fuir le stress du quotidien. Quand les journées de travail ne vous laissent plus aucun répit, le nesting vous permet de recharger vos batteries, de ralentir le rythme. La pression sociale est aussi devenue une source de stress pour la majorité des gens.

Selon une étude publiée dans le British Journal of Occupational Therapy, le repos serait en effet la technique la plus efficace pour lutter contre le stress et la dépression. Et puis, le nesting coûte bien moins cher que les sorties en boîte !

Et notre vie sociale ?

Mais si le nesting est une très bonne manière de se détendre, n’affecte-t-il pas notre vie sociale ? N’est-il pas un symptôme d’une société qui se replie sur soi ? S’il permet de passer plus de temps avec son conjoint et ses enfants, il nous éloigne de nos amis. C’est pourquoi, un bon resto ou une folle soirée entre potes de temps en temps est indispensable pour ne pas perdre ces liens. Tout est une question d’équilibre. Car si on abuse du nesting, le risque est de ne plus vouloir sortir de chez soi !

A l’heure où les réseaux sociaux nous éloignent aussi physiquement les uns des autres, la solution est peut-être d’inviter ses proches à découvrir son petit nid !