Le retour des herboristeries

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Les modes du naturel, du «do it yourself», des médecines douces et des produits locaux redonnent vie à ces boutiques mystérieuses qui regorgent de fioles en tout genre, de plantes aux noms alambiqués et de tisanes de grand-mère. Une vraie caverne d’Ali Baba où le conseil au client est roi.

Elles avaient progressivement disparu, au fur et à mesure que se sont imposées en maître les pharmacies et leurs petites boîtes de médicaments souvent 100% chimiques. Loin de nous l’idée de critiquer ces dernières qui ont un rôle indiscutable et indispensable et qui d’ailleurs apportent pour la plupart des conseils précieux également. Mais il faut reconnaître que ces dernières décennies, nous avons soigné une simple gorge qui gratte, un nez qui coule un peu ou même une petite baisse de moral à grands coups de «médicaments» alors que, souvent, il existe des méthodes plus «douces» et naturelles. Aujourd’hui, la demande revient et avec elle réapparaît le métier d’herboriste.

 

Un savoir-faire naturel mais loin d’être inné

Pour devenir herboriste, il faut beaucoup de passion. Ensuite, des formations. Car ces boutiques sont spécialisées en plantes médicinales mais aussi en aromathérapie, par exemple. Silvia Moreno a ouvert sa boutique il y a trois ans, rue du Pépin à Bruxelles: «Je suis passionnée par les plantes depuis de nombreuses années et j’ai suivi une formation en herboristerie et phytothérapie à l’école des plantes à Hélécine ainsi qu’une formation en aromathérapie chez Bioflore à Bruxelles». La jeune femme a ensuite ouvert «l’herboristerie du Pépin» où elle vend des dizaines de plantes sauvages médicinales belges, des huiles essentielles, des thés et des tisanes et des produits cosmétiques et d’entretien provenant de jolies marques locales et bio…

Des plantes sauvages belges

L’employée de Silvia Moreno est d’origine italienne. Avec son joli accent, elle nous apprend une chose étonnante: la Belgique regorge de plantes médicinales locales! À tel point, nous dit-elle, qu’elle importe souvent en Italie des variétés belges impossibles à trouver là-bas. «Sur la centaine de plantes médicinales vendues ici, la moitié est belge», précise effectivement la gérante. Comme par exemple l’achillée mille feuilles, l’alchémille, le framboisier ou encore l’origan… Ses plantes séchées sont labellisées bio et elles sont presque toutes «sauvages», précise-t-elle également.

Le conseil et l’autonomie

Mais qu’est-ce qui différencie ce genre de lieux des chaînes de magasins bio? Selon Silvia Moreno, deux choses rendent sa boutique unique: le conseil ultra personnalisé et la transmission des savoirs. «Nous prenons vraiment le temps de conseiller chaque client. Nous sommes formés pour et nous aimons le faire. Quand vous allez dans un supermarché bio, vous allez probablement tomber sur des vendeurs qui ne s’y connaissent pas aussi bien que nous, voire pas du tout. Aussi, notre objectif est de rendre le client autonome. Nous organisons donc des ateliers pour qu’il apprenne à faire ses cosmétiques et ses produits d’entretien lui-même avec des matières premières qu’il peut acheter chez nous», explique la gérante. Le prochain atelier a d’ailleurs lieu le 9 mars. Vous y apprendrez entre autres à concocter un baume apaisant pour les allergies du printemps et une décoction spéciale détox.

www.herbodupepin.be