Crise au Venezuela: Un millier de personnes arrêtées dans les manifestations

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AFP / F. Parra

Près d’un millier de personnes ont été arrêtées au Venezuela depuis le début des mouvements de protestation contre le président Nicolas Maduro, a annoncé lundi l’ONG Foro Penal.

« Entre le 21 et le 31 janvier, 966 arrestations ont eu lieu au cours des manifestations. Parmi les personnes arrêtées, 700 sont toujours emprisonnées », a annoncé Alfredo Romero, le directeur de l’ONG de défense des prisonniers politiques. « Nous parlons du chiffre le plus élevé de prisonniers politiques connus par Foro Penal en 18 ans », a ajouté M. Romero, précisant que 82 militaires figuraient parmi les personnes détenues.

Le bref soulèvement de 27 militaires le 21 janvier dans une caserne de Cotiza, dans le nord de Caracas, a déclenché une vague de protestations contre Nicolas Maduro, confronté à une grave crise économique et soumis à une forte pression internationale, menée par les États-Unis, pour l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle. Sur les 27 militaires insurgés, 24 ont été arrêtés. Selon l’ONG, le plus grand nombre d’arrestations ont eu lieu le 23 janvier lors de la mobilisation de dizaines de milliers de partisans de Juan Guaido, au cours de laquelle le chef du Parlement s’est déclaré président par intérim.

Des « exécutions extrajudiciaires »

L’ONG a également dénoncé une « répression » ciblant d’abord les quartiers les plus pauvres.
Le 29 janvier, l’ONU avait annoncé que 40 personnes avaient été tuées et 850 arrêtées lors des mouvements de protestation. Quelques jours plus tôt, des ONG locales avaient fait état de 35 morts et de huit « exécutions extrajudiciaires » dans des opérations policières.

Dans son bras de fer avec Nicolas Maduro, Juan Guaido, 35 ans, soutenu par Washington, une douzaine de pays d’Amérique latine et une majorité de pays européens, a appelé à plusieurs manifestations contre le gouvernement depuis le 21 janvier. De son côté, Nicolas Maduro se dit victime d’un coup d’État orchestré par les États-Unis, qui utilisent le président de l’Assemblée nationale comme une « marionnette » pour le renverser.