L’hésitation vaccinale, un des dix plus grands dangers pour la santé de l’humanité selon l’OMS

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Dans un nouveau rapport, l’Organisation Mondiale de la Santé a publié les dix plus grands dangers pour l’humanité en 2019. Aux côtés d’Ebola, de la pollution de l’air et du Sida, on retrouve l’hésitation vaccinale.

Dans un rapport récent, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié les 10 plus grandes menaces pour la santé de l’humanité. Parmi celles-ci, l’hésitation croissante à se faire vacciner. «L’hésitation vaccinale menace les progrès accomplis dans la lutte contre les maladies vaccinables», souligne l’OMS. L’Organisation rappelle que le vaccin est une des manières les plus efficaces d’éviter certaines maladies. D’après les auteurs, les vaccins sauveraient la vie de deux à trois millions de personnes annuellement alors qu’1,5 million de vies supplémentaires pourraient être sauvées si la vaccination était plus répandue dans le monde. Et dans certains pays, alors que certaines maladies comme la rougeole semblaient disparaître, elles seraient aujourd’hui en recrudescence.

Les raisons pour lesquelles des citoyens hésitent à se faire vacciner sont nombreuses, mais c’est souvent le manque de confiance dans les vaccins et le manque d’accès qui sont mis en avant. «Les travailleurs dans le secteur de la santé restent les conseillers les plus fiables en matière des décisions sur la vaccination», constate l’OMS. «Ils doivent être aidés pour fournir des informations crédibles et fiables aux patients.» Pour 2019, les auteurs du rapport souhaitent également que des efforts soient réalisés pour éliminer le cancer du col de l’utérus grâce à une meilleure couverture du vaccin contre le Papillomavirus. L’éradication du Poliovirus est aussi dans le viseur de l’OMS.

14% des Belges méfiants

En Belgique, seul le vaccin contre la poliomyélite est légalement obligatoire. Mais d’autres, notamment contre le tétanos, l’hépatite ou la rubéole sont fortement conseillés. Sur son site internet, l’Office de la Naissance et de l’Enfance rappelle que «se faire vacciner est aussi un acte solidaire. Plus la vaccination est généralisée, et moins le microbe a de chance de se propager. Il en résulte une protection indirecte des personnes qui ne peuvent recevoir le vaccin». Pour que cette protection indirecte fonctionne, il faut que 95% de la population soit vaccinée. En Belgique, cet objectif est atteint avec 99% des enfants qui seraient également vaccinés contre le tétanos, la coqueluche et la diphtérie. D’autres pays européens, comme l’Italie, n’atteignent pas ce taux.

Selon une étude du journal médical américain EBioMedecine publiée il y a un peu plus d’un an, 14% des Belges seraient méfiants à l’égard des vaccins. Un chiffre légèrement en dessous de la moyenne européenne (17%) et bien inférieur à celui des Français qui occupent la place des plus sceptiques avec 41% de méfiance. La moyenne mondiale s’élève, elle, à 13%.

Clément Dormal